Le mouvement Ni putes ni soumises expulsé de ses locaux pour loyers impayés

Le mouvement Ni putes ni soumises expulsé de ses locaux pour loyers impayés Source: Reuters
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Le 16 novembre, le mouvement féministe a été expulsé de ses locaux parisiens pour impayés de loyers, a révélé l'AFP. Une mise à la porte dénoncée par l'association, qui affirme avoir été «clochardisée».

Le 15 novembre au matin, les forces de l'ordre ont expulsé l'association Ni putes ni soumises (NPNS) de la «Maison de la mixité», son siège inauguré en 2006 par le président Jacques Chirac dans le XXe arrondissement de Paris.

Selon Paris Habitat, qui leur louait les locaux, il y a eu «très rapidement des impayés de loyers». «En 2013, on leur a proposé un protocole d'accord, avec un étalement de la dette sur deux ans. Ce protocole n'a jamais été respecté. On leur a proposé d'autres locaux, moins chers et aussi dans le XXe qui ont été refusés», a expliqué le bailleur social, interrogé par l'AFP.

«Ils ont été expulsés après une décision du tribunal d'instance en référé d'avril 2016», a ajouté Paris Habitat, précisant qu'à ce jour la dette atteignait «près de 140 000 euros».

La suppression «drastique» des subventions en cause

L'association Ni Putes ni Soumises affirme pour sa part dans un communiqué avoir «été clochardisée par la quasi-absence de subventions de la part de pouvoirs publics – à l'exception notable de la politique de la Ville – pourtant prompts à s'afficher comme les garants des valeurs de la République».

Pour justifier ses impayés, NPNS évoque en effet une «baisse drastique de ses subventions ces dernières années», notamment en 2015. «Encore récemment, nos subventions pouvaient s'élever à 800 000 euros par an. L’année dernière, nous avons reçu 19 400 euros», regrette Stéphanie Rameau.

Conséquence : l’équipe du collectif est passée de quinze salariés à zéro. «Nous avons dû tout réorganiser pour ne travailler qu’avec des bénévoles professionnels», ajoute-t-elle. «On a tous un boulot à côté, y compris moi».

Une baisse drastique des subventions donc, mais pas du nombre de femmes qui viennent chercher de l'aide. «Les premières victimes de cette expulsion, ce sont les femmes victimes de violences», déplore Stéphanie Rameau. «On ne nous a pas laissé récupérer ni nos ordinateurs, ni les dossiers des victimes».

Le mouvement estime qu'on veut le «réduire au silence alors qu'il a été à la pointe de la lutte contre l'omerta qui entourait les violences faites aux femmes dans les quartiers».

A la suite de cette expulsion, la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé dans un communiqué le déblocage d'une subvention de 25 000 euros pour soutenir l'association.

Propulsée sur la scène médiatique après la mort, en octobre 2002, de Sohane Benziane, brûlée vive dans un local à poubelles de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), l'association a été courtisée par les politiques – sa fondatrice, Fadela Amara, étant nommée en 2007 dans le gouvernement de François Fillon – avant de connaître des dissensions et de perdre en influence.

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