Livre-confessions de Hollande : Manuel Valls exprime sa «colère» et la «honte» des militants

Livre-confessions de Hollande : Manuel Valls exprime sa «colère» et la «honte» des militants
Manuel Valls et François Hollande le 8 septembre 2016 ©REUTERS/Christophe Ena/Pool
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Manuel Valls semble sortir de l'ambiguïté à laquelle l'oblige son rôle de Premier ministre. Ce dernier ne peut se résigner à sombrer avec le navire et, au fil des déclarations, tout en finesse, tente de se positionner en recours à François Hollande.

Le Premier ministre n'hésite plus à exprimer sa désapprobation quant aux confidences de François Hollande auprès des deux journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, publiées avec un timing pour le moins étonnant dans le livre-confessions Un président ne devrait pas dire ça.

Selon le Premier ministre, le livre Un président ne devrait pas dire ça a laissé des marques chez les militants, ce dernier évoquant même la «honte» que ressentirait la base du Parti socialiste. «C'est ce que je ressens, il ne faut pas se taire et [plutôt] toujours nommer les choses», a confié Manuel Valls à des journalistes dans l'avion qui le ramenait d'une réunion publique à Bordeaux, rapporte Le Monde.

Aussi, le positionnement de Manuel Valls semble se faire de plus en plus clair : se présenter comme recours en cas de défaillance du président en exercice, lequel traverse une séquence très difficile depuis la parution du livre de révélations. Depuis la rentrée, Manuel Valls a trouvé un angle d'attaque afin de se ménager un espace de manœuvre, et se dégager petit à petit de son obligation de solidarité avec le chef d'Etat.

Des petites phrases de plus en plus claires

Le 26 octobre, au micro de France Inter, Manuel Valls, tout en défendant le bilan du quinquennat de François Hollande, qui est aussi le sien, interrogé sur la légitimité d'un chef d'Etat crédité d'une cote de popularité de seulement 4 % à briguer un deuxième mandat, s'est exprimé en ces termes : «Je pense qu'on a besoin de celui ou de celle qui donne le cap et qui incarne cette autorité. Je pense que François Hollande l'a incarnée.» Parlant du président au passé et prenant soin de ne pas indiquer le sexe d'un ou d'une bonne candidate.

Mais ce n'est pas la première pique que lance le Premier ministre, même s'il reste diplomate. Selon le Canard Enchaîné du 26 octobre, Manuel Valls a vivement condamné le franc-parler du président sortant : «Il y a toutes les deux pages du livre, un truc qui est une bombe [...]. Tout ce qu’il dit sur ses ministres comme sur les sportifs, les magistrats, en fait tout le monde, est problème». Pour le secrétaire général du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis, lui aussi coincé dans son obligation de garder la maison, les ambitions de Manuel Valls ne sont plus un mystère.

Et il est d'autant plus urgent de prendre son indépendance vis à vis du président que, pendant ce temps-là, Emmanuel Macron hésite encore quelque peu à sortir du bois, mais plus pour très longtemps. Selon RTL, les proches du fondateur du mouvement En Marche ! s'impatientent et ne voudraient pas se faire doubler par une candidature de Manuel Valls. La course des petits chevaux a bel et bien commencé.

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