Jugée proche de l'islamisme radical, une association d'aide aux détenus musulmans va être interdite

- Avec AFP

Jugée proche de l'islamisme radical, une association d'aide aux détenus musulmans va être interdite
Capture d'écran de la page d'accueil du site internet de l'association Sanabil

Sanabil, une structure associative d'aide aux prisonniers musulmans et à leurs familles est dans le collimateur du ministère de l'Intérieur. L'organisation est soupçonnée de cultiver des liens forts avec l'islamisme radical.

Des sources au sein des services de renseignement ont confirmé le vendredi 28 octobre la véracité des informations du Parisien au sujet de l'association Sanabil.

Les autorités françaises envisageraient effectivement de dissoudre cette association d'aide aux détenus musulmans. D'après ces sources, le nom de l'association, créée en 2010 et basée en Seine-et-Marne, est apparue dans «de nombreux dossiers terroristes».

Les avoirs de Sanabil ont déjà été gelés, poussant l'association à lancer vendredi 28 octobre via sa page Facebook une collecte de timbres et d'enveloppes afin d'être en mesure de prévenir quelque 740 détenus en France et à l'étranger de la situation dans laquelle elle se trouve.

«C'est une décision totalement injuste, Sanabil n'a jamais rien fait d'illégal. La seule chose que fait Sanabil c'est de correspondre avec ceux qui le demandent, d'envoyer quand on le peut un mandat aux indigents. Ces choses-là ne sont pas interdites par la justice», a réagi auprès de l'AFP le président de l'association qui se fait appeler Antho B.

«On a toujours condamné les attentats de manière la plus totale», a ajouté le président, assigné à résidence depuis le 23 novembre 2015, affirmant que s'ils étaient «amenés à fréquenter certaines personnes», ils n'étaient «pas responsables de leur dérive».

Des internautes ont déjà réagi sur les réseaux sociaux, la polémique n'en est sans doute qu'à ses balbutiements. 

L'avocat de l'association, Bruno Vinay, a par ailleurs précisé n'avoir pas été informé officiellement du projet de dissolution et qu'un droit de réponse à l'article du Parisien était en cours d'élaboration. 

Bruno Vinay a par ailleurs souligné que toutes les correspondances entre l'association et les détenus étaient lues par l'administration pénitentiaire, évoquant une «action irréprochable».

«La très grande majorité» des détenus avec lesquels l'association correspond sont des détenus de droit commun, a-t-il affirmé. Pour les bénéficiaires impliqués dans des dossiers liés au terrorisme, «très isolés en prison», Sanabil est, selon lui, «la seule structure qui crée un lien positif avec l'extérieur». 

Sa disparition constituerait «un vrai vide que personne aujourd'hui n'est en mesure de combler», a-t-il estimé.

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