Violences contre la police : nouvelles manifestations à Paris et en province (IMAGES)

© Capture d'écran Twitter

Pour le troisième jour consécutif, les policiers protestent contre les violences à leur égard. La rencontre entre les syndicats et les ministres de l'Intérieur et de la Justice n'a pas dissuadé les policiers de manifester à Paris et en province.

Mercredi 19 octobre au soir, après les Champs Elysées et plusieurs villes de province, c'est place de la République que plusieurs centaines de policiers ont décidé d'unir leurs voix. Les manifestants se sont ensuite mis en marche pour gagner l'hôpital Saint-Louis où deux de leurs collègues sont toujours hospitalisés suite à leur agression au cocktail Molotov survenue le 9 octobre dernier à Viry-Châtillon

Puis, de retour place de la République, au pied de la statue, ils ont entonné la Marseillaise et, si certains ont crié «Cazeneuve démission» à l'adresse du ministre de l'Intérieur, le rassemblement s'est déroulé dans le calme. 

Interrogé par le correspondant de RT France, l'un des policiers a exprimé un ras le bol de la profession, dénonçant également «l'abandon» de la part des autorités.

D'après les images, qui montrent une manifestation se déroulant dans le calme, plusieurs centaines de policiers demandent au gouvernement de réagir, après l'attaque au cocktail Molotov dont ont été victimes leurs confrères le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon. 

Exaspérés, les policiers demandaient de meilleures conditions de travail et plus de sécurité, dans un climat tendu.

Le cortège, après avoir pris la direction de la place Beauveau, s'attirant le soutien de nombreux passants et riverains, s'est dirigés vers les Champs-Elysées. Là, les policiers ont entonné une dernière Marseillaise devant l'Arc de Triomphe, avant de se disperser aux alentours de 2 heures du matin.

Des manifestations dans toute la France alors que la mobilisation prend de l'ampleur

La manifestation parisienne a fait des émules dans différentes villes de Province. A Bordeaux, ce sont plusieurs centaines de policiers qui se sont regroupés sur la place de la République.

Au Mans, un autre rassemblement spontané a eu lieu face à l'Hôtel de Police. A la venue du directeur départemental de la sécurité publique, les manifestants lui ont tourné le dos en signe de protestation.

En effet, les rapports entre les policiers et leur hiérarchie semblent également s'être tendus depuis quelques jours. La direction générale de la police nationale avait évoqué des «sanctions» contre les policiers présents aux rassemblements des deux jours précédents, estimant qu'ils «violaient leur devoir de réserve.»

Des rassemblements ont également eu lieu à Toulouse, devant le monument aux morts.

Une manifestation s'est aussi tenue à Nancy, face au commissariat du boulevard Lobau. 

Le mouvement semble prendre de l'ampleur, alors que le syndicat Unité-Police SGP-FO a d'ores et déjà appelé  à une manifestation silencieuse mercredi 26 octobre prochain. Pour cette «marche de la colère policière et citoyenne», les policiers ont appelé les citoyens à les rejoindre.

Les syndicats reçus aux ministères de la Justice et de l'Intérieur, des réactions politiques partagées

Plus tôt dans la journée du mercredi 19 octobre, les syndicats avaient été reçus par deux ministres. Tout d'abord Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, puis Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice. 

Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées : circulaire interne visant à appliquer la plus grande fermeté sur les atteintes physiques ou morales, consignes afin d'appliquer «l'incrimination de bande»... 

Des concertations nationales, réunissant policiers et représentants du personnel des forces de l'ordre, ont également été annoncées. Les résultats de celles-ci doivent «permettre la mise en place de réforme dès janvier 2017».

Si ces annonces semblent prouver que le gouvernement se préoccupe de la grogne des policiers, elles ne les ont pas pour autant dissuader de manifester. A l'approche des élections présidentielles et législatives, certains policiers ont réagi, notamment sur les réseaux sociaux, déplorant la tardiveté de ces annonces.

Du côté des politiques, les réactions sont plus discrètes. Le Front National a déjà apporté son soutien aux manifestants. Dès hier, Marion Maréchal-Le Pen a annoncé soutenir la demande de démission du directeur général de la police nationale formulée par les manifestants. 

A gauche, en revanche, les soutiens aux policiers n'affluent pas. Mardi 18 octobre dernier, le premier secrétaire national du parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, s'en était pris à ces manifestations. Il estimait y déceler «la patte du FN». Ce commentaire a suscité de très vives indignations parmi les policiers. Certains ont réagi avec humour sur les réseaux sociaux.

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