Cocktails Molotov, agressions... vague de violence contre les lycées et les enseignants en banlieue

Source: AFP

Depuis plusieurs jours, les attaques contre les établissements scolaires se multiplient. Lundi dernier, ce sont des cocktails Molotov qui ont été lancés sur un lycée du 93. Manuel Valls condamne. La droite, elle, dénonce le «laxisme» du gouvernement.

Lundi 17 octobre dernier, des cocktails Molotov ont été lancés sur le lycée Hélène Bouche de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis. La proviseure de l'établissement à été violemment agressée, et les quelques quatre-vingt jeunes impliqués s'en sont ensuite pris aux forces de l'ordre.

Sur place, des témoins ont décrit des scènes d'émeutes urbaines, avec des jeunes cagoulés harcelant les forces de l'ordre, qui ont également essuyé des tirs de mortier d'artifice. Une vidéo amateur que s'est procuré BFMTV, tournée au moment des faits, montre une atmosphère extrêmement tendue sur place.

La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a immédiatement condamné ces «violences inacceptables.»

Depuis plusieurs jours, les phénomènes de ce genre semblent se multiplier. Dans le même département, le proviseur d'un lycée professionnel de Saint-Denis s'est fait casser le bras, jeudi 13 octobre dernier, par un élève qui n'avait pas supporté une remontrance sur son retard. Son adjointe a été blessée au visage.

Le Val-d'Oise est aussi concerné. Lundi 17 octobre, un enseignant a été passé à tabac en pleine rue alors qu'il ramenait sa classe d'un cours de sport à Argenteuil. «Le seul maître c'est Allah», aurait justifié l'un des agresseurs alors que cet instituteur avait expliqué qu'il était en train de gronder une élève parce qu'il était son «maître». 

Une vague de violences qui inquiète jusqu'au sommet de l'Etat

La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a une nouvelle fois condamné, quant à elle, une «montée des violences à l'égard des fonctionnaires» et a demandé aux victimes concerner de systématiquement porter plainte.

Cependant, les violences ne se limitent pas à la région parisienne. Un élève de terminale d'un lycée professionnel de Calais, dans le Pas-de-Calais, a cassé la mâchoire et plusieurs dents de son professeur vendredi en plein cours. A Colomiers, près de Toulouse, une professeur de sport a été frappée au visage lundi par un lycéen.

Condamnations des actes, accusations de «laxisme»... : les réactions se multiplient

Du côté des syndicats, les réactions sont unanimes pour condamner les violences. Philippe Tournier, secrétaire général du premier syndicat des chefs d'établissement, déplore que «les établissements les plus exposés dans les zones les plus sensibles ne disposent d'aucun personnel de sécurité».

A droite, on dénonce le «laxisme» du gouvernement face à la criminalité et la délinquance. 

Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d'Île-de-France, a demandé au gouvernement de «faire de la sécurité des lycéens une priorité».

Du côté du Front National, c'est «l'impuissance» de l'Etat face à «la loi des racailles» qui est pointée du doigt.

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