Nadine Morano tente de faire barrage à Rachid Nekkaz venu payer une amende anti-niqab à Toul

- Avec AFP

Capture d'écran
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Dans un face-à-face tendu, Nadine Morano a tenté le 14 octobre à Toul (Meurthe-et-Moselle) d'empêcher l'homme d'affaires algérien Rachid Nekkaz de payer l'amende d'une femme verbalisée pour port du niqab.

Seul et à pied, Rachid Nekkaz, qui avait annoncé sur Facebook sa venue dans les terres de l'élue Les Républicains (LR) Nadine Morano, est arrivé au centre des finances publiques de Toul, vers 15 heures, portant un foulard représentant le drapeau algérien.

Ce promoteur immobilier, adepte des coups médiatiques, a brandi une enveloppe contenant un chèque pour payer l'amende de 1 170 euros d'une citoyenne française verbalisée pour port du niqab, a-t-il affirmé, tout sourire.

Quand Rachid Nekkaz a voulu entrer dans les locaux de l'hôtel des impôts, Nadine Morano a cherché à s'interposer en faisant barrage avec son corps.

L'altercation, signalée par la direction de l'hôtel des impôts, a déclenché l'intervention de la police qui a demandé à Nadine Morano de s'écarter pour laisser passer Rachid Nekkaz, sous le regard de contribuables interloqués.

«Ne me touchez pas», s'est exclamée l'eurodéputée qui a invoqué son immunité parlementaire, avant de fustiger l'intervention de la police.

«Même la police fait en sorte d'ouvrir la voie à M. Nekkaz, je ne pensais pas que la France tomberait si bas», a commenté Nadine Morano.

Accompagnée d'une vingtaine de sympathisants, Nadine Morano s'était installée dès 14 heures sur le perron de l'hôtel des impôts pour s'opposer à Rachid Nekkaz.

De vifs échanges ont alors fusé entre l'eurodéputée et l'homme d'affaires algérien. Décontracté, Rachid Nekkaz a proposé à Nadine Morano de lui serrer la main mais cette dernière a refusé, disant ne pas serrer la main de «quelqu'un qui méprise la loi française».

A l'occasion de sa venue à Toul, Rachid Nekkaz avait invité l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy à déjeuner mais cette dernière avait décliné.

«Je ne représente aucun trouble à l'ordre public», a lancé l'homme d'affaires qui a affirmé s'inscrire dans une «position voltairienne et pacifiste», répétant être opposé à titre personnel au port du niqab.

«Vous détournez la loi [...] Personne n'est dupe de la manière dont vous êtes en train de répandre l'islam en France», lui a rétorqué l'eurodéputée, qui réclame l'expulsion immédiate de Rachid Nekkaz et le blocage de ses comptes bancaires.

Rachid Nekkaz a ensuite pu quitter l'hôtel des impôts par une autre sortie.

Promoteur immobilier, Rachid Nekkaz affirme mener un combat au nom du «respect des libertés fondamentales».

La loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, promulguée le 11 octobre 2010 par le président Nicolas Sarkozy, punit d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros le port du niqab (voile qui ne laisse voir que les yeux de celle qui le porte) ou de la burqa (qui les cache derrière un tissu à mailles).

Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, on rappelle qu'un amendement a été introduit par le gouvernement au projet de loi «Egalité et Citoyenneté», visant à interdire le paiement des amendes par des tiers, «pour permettre de sanctionner ce genre de pratiques». Cet amendement a été voté au Sénat dans la matinée du 14 octobre.

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