Quand les terroristes prennent la clé des champs... aux frais de l'état

Saïd Arif a faussé compagnie aux services  français au volant de la voiture de l'hôtel où il vivait© capture d'écran réalisée sur le site Parismatch.com
Saïd Arif a faussé compagnie aux services français au volant de la voiture de l'hôtel où il vivait

Terroristes condamnés ou islamistes présumés, une dizaine d'étrangers vivent en France sous le régime de l'assignation à résidence. Faute de pouvoir être renvoyés dans leurs pays, ils vivent sous surveillance à la campagne, aux frais du contribuable.

La situation peut paraître ubuesque. Condamnés en France à de lourdes peines de prison pour des faits de terrorisme ou soupçonnés de s'acoquiner avec les islamistes radicaux, ces étrangers ne sont pourtant pas expulsables. Et ce, en vertu du droit européen qui interdit d'extrader des ressortissants qui risquent la mort (ou des tortures) dans leurs pays d'origine.

A leur sortie de prison, ces hommes sont donc pris en charge par l'Etat. Eloignés à la campagne, logés à l'hôtel, ils pointent à la gendarmerie quatre fois par jour en attendant de trouver un pays qui acceptera de les accueillir.

En savoir plus : Beaupréau: 7000 habitants et un terroriste

Ils sont environ une dizaine aujourd'hui en France à être dans cette situation.

Selon les derniers éléments connus (notamment les récits de presse), RT a pu en localiser cinq. Découvrez leurs visages sur cette carte interractive.

Ceux qui s'intègrent, ceux qui s'ennuient, ceux qui s'enfuient...

A Carmaux, petite bourgade du Tarn de 10 000 habitants, Kamel Daoudi ne passe pas inaperçu. Cet Algérien, ancien informaticien, a été condamné à 6 ans de prison en 2005 pour avoir projeté des attentats contre les intérêts américains à Paris. Sur le marché, comme on peut le voir dans ce reportage, il a la cote, on le surnomme l'«Al-Qaïda de Carmaux»

Rachid Rafaa a lui été installé par les services de l'Etat en Martinique à La Morne Rouge.

Soupçonné d'être un membre d'AQUI (Al Qaïda au Maghreb), le Maroc avait demandé à la France son extradition en 2009. Mais la Cour européenne des Droits de l'Homme s'y est opposée, craignant qu'il subisse des tortures dans son pays d'origine.

Le site Martinique 1ère, lui avait consacré un reportage à son arrivée sur l'île. 

Direction Rostrenen, dans les Côtes d'Armor, où vit l'ex-Imam de Monfermeil, Ali Yashar, dit Ali l'Irakien.

 «Cela fait bientôt 10 ans qu'il est là, ce n'est pas un secret» explique le maire à RT. «Les Rostrenois se sont habitués à lui, même si certains râlent qu'il soit entretenu aux frais du contribuable depuis tout ce temps», expliquait l'édile, à L'express il y a deux ans.

Soupçonné de s'être acoquiné avec le milieu salafiste, Ali Yashar n'a jamais été condamné. Si la France lui a retiré son statut de réfugié politique, suite à ses prêches radicaux, elle n'est pas en mesure de l'expulser.

Il pointe à la gendarmerie plusieurs fois par jour et a interdiction de quitter la commune. Eloigné de sa famille, restée en région parisienne, un comité de soutien s'est monté autour de l'ancien imam.

L'actualité d'Ali Yashar via sa page de soutien© Capture d'écran page Facebook
L'actualité d'Ali Yashar via sa page de soutien

Et puis, il y a ceux qui ne semble pas vouloir tourner le dos à leur passé.

Comme Saïd Arif. Cet Algérien d'une cinquantaine d'années, au lourd passé djihadiste, a donc faussé compagnie aux services de renseignements français...au volant de la voiture de l'hôtel dans lequel il était hébergé à Brioude, en Haute-Loire.

La Montagne nous apprend que l'homme qui vient d'être condamné à 3 années de prison pour ce vol de voiture et la violation de son assignation à résidence, a été localisé en Syrie où il serait devenu le chef logistique de Daech.

Figure connue de l'islamisme radical, Djamel Beghal, avait lui aussi été placé à la campagne par le ministère de l'Intérieur. C'était en 2009.

Installé à Murat dans le Cantal, Djamel Beghal, qui avait pris 10 ans pour un projet d'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Paris, est depuis «retombé». Il a en effet été condamné à 10 autres années de prison pour avoir tenté de faire évader un des auteurs des attentats sanglants de 1995 à Paris.

Pendant son séjour auvergnat, Djamel Beghal ne semble donc pas avoir chômé puisqu'il avait reçu également la visite d'Amédy Colibaly et de Chérif Kouachi, futurs auteurs des attaques de Charlie Hebdo.

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