Procès Air France : de 2 à 4 mois de prison avec sursis requis contre cinq des prévenus

Les accusés attendent le début de l'audience au tribunal de Bobigny. Photo ©Philippe Lopez/AFP
Les accusés attendent le début de l'audience au tribunal de Bobigny. Photo ©Philippe Lopez/AFP

Le 5 octobre 2015, les images de deux dirigeants fuyant les manifestants à Roissy et escaladant une clôture les chemises en lambeaux avaient fait le tour du monde. Quinze salariés comparaissent depuis hier au tribunal de Bobigny.

Dans l'affaire dite de «la chemise arrachée», le procureur a demandé la condamnation de l'ensemble des prévenus accusés de violence. Des peines de deux à quatre mois de prisons avec sursis ont été requises contre cinq d'entre eux. Pour les dix autres accusés, le parquet n'a pas requis de peine de prison mais 1 000 euros d'amende.

En octobre 2015, une manifestation après l'annonce d'un plan de restructuration prévoyant la suppression de 2 900 emplois à Air France tourne à la foire d'empoigne. Les manifestants se mettent alors à poursuivre deux dirigeants de la compagnie aérienne, le directeur des ressources humaines Xavier Broseta et le directeur de la division long courrier Pierre Plissonier. Obligé de fuir sous les huées et les menaces des manifestants, Xavier Broseta doit enjamber une grille, la chemise en lambeaux.

La «violence sociale» peut-elle justifier la violence physique ? Jamais et encore moins chez Air France, ont réaffirmé les avocats d'Air France lors de ce deuxième jour d'audience.

La CGT avait appelé hier à une mobilisation près du tribunal de Bobigny, afin de défendre les «libertés syndicales».

«C'est pas ma place, ici. Je suis là pour défendre l'emploi, les jeunes», a protesté Pascal Macquet, accusé de violences sur les deux dirigeants d'Air France.

L'avocate des salariés a regretté «une enquête bâclée» permettant de traîner à la barre des «boucs émissaires», afin de donner satisfaction, selon elle, à Manuel Valls qui avait «demandé des têtes» dès le lendemain des incidents.

François Hollande et son premier ministre avaient alors dénoncé des violences «inacceptables», des «agissements de voyous», et des actes ayant potentiellement des «conséquences sur l'image et l'attractivité» de la France. L'affaire avait également posé la question de la pénalisation des actions syndicales et de la liberté de manifestation.

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