Charlie Hebdo : Un supposé descendant du prophète Mahomet porte plainte pour injure

Yahia Gouasmi © wikipedia commons
Yahia Gouasmi

Yahia Gouasmi, président du Parti Antisioniste, a décidé à son tour d'attaquer l'hebdomadaire satirique en justice. Se déclarant descendant direct du prophète Mahomet, il porte plainte pour «injure».

C'est une nouvelle plutôt originale qui vient s'ajouter à la saga Charlie Hebdo. Dans un communiqué paru la semaine dernière sur son site internet et intitulé «Pourquoi Charlie Hebdo ne dessinera plus le Prohète», le Parti Antisioniste annonce que son président, Yahia Gouasmi, va attaquer le journal satirique et son directeur de publication Laurent Sourisseau en justice.

Selon le site internet du Parti Antisionniste cette plainte «n'a pas d'équivalent» et est abordée «sous un angle juridique inédit et innatendu». En effet, selon le droit français, il n'est pas permis de diffamer ou d'injurier l'ascendant (ou l'ancêtre) d'une personne. Ainsi, Yahia Gouasmi, «en tant que descendant direct du prophète fait valoir son droit», selon le comité de soutien de l'intéressé.  

La première audience de procédure aura donc lieu le Jeudi 28 mai à 13h30 à la 17ème chambre correctionelle du Tribunal de grande instance de Paris.  

Me Elie Hatem, l'avocat de Yahia Gouasmi, explique que son client a porté plainte «en son nom personnel» et non au nom «de son association ou de son parti politique». 

Mon client souhaite défendre la réputation de son ancêtre qui est le fondateur d'une des plus grandes religions du monde. 

Yahia Gouasmi a ainsi fourni à son avocat ainsi qu'à celui de Charlie Hebdo, une liste de 40 noms sous forme d'arbre généalogique qui a été certifiée par les autorités «autant iraniennes que marocaines» et «qui prouve sa descendance directe du prophète» selon son avocat. Me Hatem explique que son client souhaite «défendre la réputation de son ancêtre» qui est «le fondateur d'une des plus grandes religions du monde» et que l'associer directement «aux terribles  attentats qui ont fait beaucoup de morts» était «injurieux à son encontre».

Au sujet du procès, Me Elie Hatem se dit «particulièrement confiant», en évoquant notamment la déclaration du dessinateur de Charlie Hebdo, Luz, qui avait annoncé «15 jours après avoir reçu l'assignation en justice» qu'il ne dessinera plus le Prophète Mahomet. 

Il ajoute néanmoins souhaiter «rester prudent» car la justice «c'est comme du gambling, comme un jeu» et qu'il ne faut «jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué».

Cet événement n'a pas tardé à provoquer des réactions autant chez les défenseurs que chez les détracteurs de Charlie Hebdo. Selon la journaliste Caroline Fourest qui a travaillé plusieurs années au sein du journal, c'est un «procès délirant», presque «tombé du ciel». Elle déclare que l'interessé est «privé du moindre sens de l'humour» et «tout à fait opposé à ce que l'on puisse dessiner un Mahomet pacifiste et ouvert d'esprit comme l'a fait Luz». Dans une émission radiophonique, elle accuse Yahia Gouasmi «qui est iranien» de diriger un «centre de propagande tout entier dédié à servir la propagande du régime iranien : le Centre Zahra».

Le comité de soutien de Yahia Gouasmi parle lui «de diffamation» car Yahia Gouasmi «n'est pas iranien» et que ni le centre Zahra dont il est le fondateur, ni le Parti antisioniste «ne sont financés par l'Iran». Selon le comité, Caroline Fourest se livrerait «au mensonge pour semer le trouble et la division».

En Septembre 2014, l'Association syrienne pour la liberté avait déjà déposé plainte au parquet de Paris contre Charlie Hebdo pour «provocation à la haine» après la publication par l'hebdomadaire de caricatures du prophète Mahomet. Une action avait également été engagée à Meaux pour «diffamation» et «injure publique» par l'Association des musulmans de Meaux et de sa région.

Yahia Gouasmi est le fondateur du centre Zahra, une organisation musulmane chiite située à Grande-Scynthe dans le nord de la France et idéologiquement proche du régime iranien et du Hezbollah libanais, de la fondation chiite de France et du parti antisioniste. 

Dès le lendemain des attentas de Charlie Hebdo, il avait publié un communiqué dans lequel il déclarait que les attentats «servaient les intérêts du sionisme» qui utilisaient une «double manipulation» pour d'un côté, pousser les gens «à déverser leur fiel sur l'Islam au nom de la liberté d'expression» et de l'autre «manipuler les pseudo-musulmans en les incitant à se venger, préparant ainsi le terrain au choc des civilisations sur [notre] sol». 

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