«Nationalité disparue» : les propos de Chevènement suscitent une nouvelle volée de critiques

Capture YouTube. France Inter.
Capture YouTube. France Inter.

Deux semaines après avoir invité les musulmans à la «discrétion dans l'espace public», la sortie de Chevènement soulève un nouveau tollé. Certains mettent ainsi en doute la légitimité de Chevènement à la tête de la Fondation pour l'islam de France.

«Il y a à Saint-Denis, par exemple, 135 nationalités, mais il y en a une qui a quasiment disparu». La phrase du futur président de la Fondation pour l'islam de France ne passe pas et suscite de nombreuses critiques. Notamment, et au premier chef parmi les élus locaux.

Dans le mensuel proche du Parti communiste Regards, Stéphane Peu, maire adjoint de Saint-Denis, directement interpellé par les déclarations de Chevènement, déplore des propos à mettre «sur le compte d'un dérapage incontrôlé d'un vieux monsieur». Des propos «stigmatisants», dénonce le maire qui en entendant Chevènement a fait «un bond comme ça».

Mais il n'est pas le seul à avoir bondi. Mathieu Hanotin, député PS et conseiller municipal de Saint-Denis, a ainsi appelé à signer une pétition demandant la révocation de Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l'islam de France. Pour l'élu socialiste, «la ligne rouge a été franchie» et l'ancien ministre de l'Intérieur aurait succombé à la thèse portée par l'écrivain Renaud Camus dite du «grand remplacement».

Dans le texte de la pétition Mathieu Hanotin fustige «un florilège de propos graves concernant nos compatriotes de religion musulmane ont été tenus. Pendant plus de 16 minutes d'interview il n'a eu de cesse de faire des raccourcis et des amalgames douteux et paternalistes».

Le président PS du Conseil général Stéphane Troussel a pour sa part exhorté François Hollande et Bernard Cazeneuve à «renoncer à nommer M. Chevènement» à la présidence de la Fondation pour l'islam de France. 

«Après son appel à la discrétion auprès des musulmans, [Chevènement] a multiplié sur France Inter les confusions et les dérapages. Un esprit aussi confus pour tout mélanger sur des notions aussi importantes que la nationalité et la citoyenneté française ne peut être nommé à ce poste», juge notamment  Stéphane Troussel dans son communiqué.

A droite, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dénonce des propos, selon elle «faux», «caricaturaux», et «blessants pour tous ceux qui en Seine-Saint-Denis se battent pour faire vivre la République et pour faire vivre l'école» et qui «posent vraiment la question de sa crédibilité» comme président de la future fondation. 

Mais la polémique dépasse les limites de Saint-Denis et de la région Ile-de-France. Daniel Cohn Bendit a ainsi fustigé l'ancien ministre de l'Intérieur : «Je ne vais pas parler de l'âge du capitaine [...] mais il est complètement malade ! 80 % des habitants en Seine-Saint-Denis sont français !», a dénoncé l'ancien député européen, avant de conclure : «Ce n'est pas l'homme adéquat».

A l'opposé, le maire de Béziers Robert Ménard approuve pour sa part le diagnostic de Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Intérieur – et à ce titre ancien ministre des cultes – a été confirmé pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, organisme qui aura pour charge de réformer le financement et l'organisation de l'islam de France.

Lire aussi : La Fondation pour l’Islam de France financée par des fonds publics ?

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