Attentats à Charlie Hebdo : de nouvelles provocations secouent les établissements scolaires

Parents, élèves et professeurs rassemblés devant le lycée Berthelot© capture d'écran du compte twitter du lycée Berthelot
Parents, élèves et professeurs rassemblés devant le lycée Berthelot

Quatre mois après les attentats de janvier qui avaient fait 20 morts à Paris, de nouveaux rebondissements semblent témoigner de l'existence d'un certain malaise au sein des établissements scolaires. Simples provocations ou réelles tensions ?

Jeudi 21 Mai, les enseignents du Lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur-des-fossés (Val-de-Marne) ont décidé d'exercer leur droit de retrait en soutien à l'un de leurs élèves qui est sous le coup de menaces de mort régulières depuis le mois de janvier dernier. En cause, un numéro du journal du lycée, La mouette baillonée, dont l'élève était rédacteur en chef et qui a rendu hommage aux victimes de l'attentat de Charlie-Hebdo.

La Une du journal du lycée Berthelot© capture d'écran
La Une du journal du lycée Berthelot

En tout, l'élève aurait reçu 7 menaces de morts glissées dans la boîte aux lettres du journal. A l'intérieur, des balles, des cercueils et des croix gammées accompagnés de la Une de La Mouette baillonée. Selon une source judiciaire, «cette affaire est prise très au sérieux», «plusieurs auditions d’enseignants et d’élèves ont déjà eu lieu» et «des analyses biologiques» sur les lettres sont en cours. Une délégation composée de 5 enseignants a été reçue ce matin au rectorat de Créteil. 

Contacté par RT France, le rectorat de Créteil a signalé que les enseignants avaient demandé à ce que tout soit mis en oeuvre pour préserver la communauté éducative ainsi que l'élève qui devra pouvoir poursuivre sa scolarité de manière sereine. «Dès la première lettre de menace, le proviseur du lycée s'est rendu en personne au commissariat accompagné de l'élève pour déposer plainte. Le protocole harcèlement a été déclanché». A la fin de la réunion, les enseignants ont déclaré avoir eu «pleinement conscience des efforts mis en oeuvre» et sont ressortis «avec le sentiment d'avoir été entendus». La communauté éducative va se réunir de nouveau Mardi. 

Cet événement survient peu de temps après l'ouverture d'une enquète à Val-de-Reuil dans l'Eure, sur des caricatures du prophète Mahomet signées Charb, le dessinateur assassiné de Charlie Hebdo, qui ont été retrouvées le 15 mai dans le sac à chaussons de deux élèves d’origine musulmane de l'école maternelle Coluche. 

Contactés par RT France, le proviseur du lycée Marc Bloch de Val-de-Reuil parle d'une affaire «qui a été très vite oubliée» et qui «n'a eu aucun retentissement, que ce soit au niveau des élèves ou des professeurs», tandis que la conseillère principale d'éducation du collège Pierre Mendès-France a avoué «n'être absolument pas au courant». «Vous me l'apprenez», s'est-t-elle exclamée. L'école maternelle Coluche s'est, quant à elle, refusée à tout commentaire. 

Le mois de Janvier 2015 avait connu plusieurs faits de ce genre. A Saint-Valery-en-Caux (Seine-Maritime), des joueuses de futsal avaient sciemment perturbé la minute de silence décrétée en hommage aux victimes des attentats. 

A Nice, un enfant de 8 ans s'était vu auditionné dans un commissariat après avoir dit être «avec les terroristes», tandis qu'un collège de Saint Nazaire avait attaqué un site d'information en diffamation après que ce dernier a publié un article sur le fait que ses élèves «d’origine nord-africaine ou africaine, affichant leur appartenance à l’islam» auraient fait une apologie du terrorisme lors de la minute de silence, organisée en hommage aux victimes des attentats de Paris. Le collège avait immédiatement affirmé dans un communiqué qu'il contestait «fermement l'ensemble des propos tenus dans cet article» et avait assuré que «la dignité et l’humanité dont chacun a fait preuve en ce jour de deuil national a été indéniable.»

Rappelons qu'environ 70 cas de perturbations lors de la minute de silence du 8 Janvier 2015 dans les établissements scolaires sur le territoire français avaient été signalés par les rectorats. Ces phénomènes, qualifiés à l'époque de «très minoritaires» par la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem et le premier ministre Manuel Valls, avaient été officiellement endigués par le dialogue, des sanctions proportionnées et grâce à l'action d'équipes éducatives locales. 

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