Marseille, les «stupéfiantes» cartes de fidélité proposées par les vendeurs de cannabis

Résine de cannabis
Résine de cannabis

La vente de cannabis, un commerce comme un autre ? C'est visiblement l'opinion des vendeurs marseillais qui n'hésitent pas à proposer des cartes de fidélité, petits cadeaux et autres avantages à leurs clients les plus fidèles.

A Marseille, plus précisément dans les quartiers Nord de la ville, les petites entreprises de vente de cannabis ne connaissent visiblement pas la crise. Mieux encore, malgré l'illégalité de cette activité, elles ont parfaitement intégré les règles économiques de fidélisation des clients et de la publicité. 

Une économie souterraine, vraiment?

Ainsi l'achat de 20 euros de résine de cannabis permet d’obtenir un briquet et un paquet de feuilles à rouler. Si le consommateur ajoute 10 euros, il aura droit à six cigarettes en plus. Enfin pour les plus fortunés, la formule «star», soit 50 euros, permet de se voir offrir un briquet, un paquet de feuilles à rouler et un paquet de cigarettes.

Mieux encore, ces grilles tarifaires clairement affichées s'accompagnent de la remise d'une carte de fidélité, avec des cases vides à tamponner lors des prochains achats.

Toujours au fait des règles commerciales que tout chef d'entreprise responsable doit connaître, les revendeurs n'oublient évidemment pas d'afficher clairement les horaires de vente, de 11h à minuit. Ils poussent également le respect pour le client jusqu'à d'étonnantes formules de politesse apposées sur la carte personnelle de chaque client: «Nous attendons de vous accueillir avec plaisir au centre du quartier, merci de votre fidélité». 

Dans ces cités, de véritables barrières servant à filtrer la clientèle ont également été disposées aux points stratégiques des halls d'entrée des immeubles. 

Pour le moment, la seule réaction officielle est celle du préfet de police de Marseille, Laurent Nunez, qui a jugé «très improbable» l'existence de ces cartes de fidélité, puisqu'aucune carte de ce genre n'a été retrouvée lors de perquisitions.

The Wire version Marseille

Ces banales scènes de vente quotidiennes dans la cité dans la cité phocéenne semblent parfois tout droit sorties de la série The Wire. Cette série télévisées américaine décrivait en effet le quotidien de trafiquants de drogues dans la ville sinistrée de Baltimore, entre rationalité économique, professionnalisation des réseaux et guerre des gangs.

A Marseille, la réalité rattrape la fiction puisque les structures pyramidales des dealers rappellent celles décrites dans The Wire, entre le choufe (le guetteur), le charbonneur (celui qui vend), la nourrice (celle qui garde la drogue) et le gérant.

Pourtant les habitants des quartiers Nord se seraient volontiers passé de ce trafic normalisé qui pèse évidemment sur leur quotidien, entre descentes de police fréquentes et réglements de compte à la kalachnikov. 

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, à Marseille, le chiffre d’affaires de ce trafic est évalué à «120 ou 130 millions d’euros par an», ce qui représent une quantité de marchandise écoulée d'environ 36 tonnes. Au plan national, le volume total de ce marché est quant à lui estimé à 2 milliards d'euros.

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