Loi sur la transition énergétique : l’Allemagne, un exemple à ne pas suivre

Le parc éolien de Port-St-Louis-du-Rhône
Le parc éolien de Port-St-Louis-du-Rhône

L’Assemblée a commencé l’examen du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, tandis que la même transition en Allemagne a provoqué une hausse des émissions de gaz à effet de serre.

Porté par Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Énergie, le projet de loi vise non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre et le recours à l’atome, augmenter la production d’énergie renouvelable, mais aussi créer de nouveaux emplois.

«Nous le savons aussi, notre pays est en crise, nombre de nos concitoyens n’ont pas de travail. Or la transition énergétique peut constituer un ressort, en offrant la possibilité de créer des activités et des emplois», a-t-elle dit devant les sénateurs. Ainsi, cette loi engage tout le pays, les citoyens, les entreprises, territoires et pouvoirs publics.

Ce projet, approuvé par le Sénat le 3 mars bien que largement remanié, revient à l’Assemble Nationale en seconde lecture en séance publique du 19 au 26 mai.

Les tentatives de l’Union Européenne de limiter ses émissions de gaz à effet de serre et abandonner l’atome, n’ont pour l’instant pas donné de bons résultats. Certains pays développés se retrouvent même à consommer des combustibles fossiles polluants – mais bon marché – comme le charbon ou la lignite. C’est ce qui se passe avec l’Allemagne.

Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011, Angela Merkel s’est empressée d’annoncer l’accélération du démantèlement des centrales nucléaires du pays. Cette décision, officialisée par le gouvernement le 30 mars 2011, a sonné le début de la révolution verte.

La révolution verte de l’Allemagne laisse à désirer

La volonté de l’Allemagne de se passer du nucléaire a été compensée en partie par les énergies renouvelables. Beaucoup d’argent public a été dépensé dans l’éolien et le solaire, et il en faudra beaucoup plus si Berlin veut mener à bien sa révolution verte. L’Allemagne est devenu un pays où le coût de l’électricité est près de deux fois plus élevé qu’en France.

En effet le poids des subventions dans les énergies renouvelables pèse sur le portefeuille du contribuable allemand. Au-delà des investissements dans les cellules photovoltaïques ou les éoliennes offshore, la construction de lignes à haute tension qui acheminent l’énergie des régions productrices vers les régions consommatrices représente un coût énorme. D’après la Commission Européenne les investissements dans le réseau dépasseront les 500 milliards d’euros.

Mais en supprimant l’apport d’énergie venant du nucléaire et en attendant que la révolution verte ne produise la pleine mesure de l’ambition de la chancelière, l’Allemagne se retrouve à consommer de grandes quantités de charbon et de lignite, parmi les combustibles les plus polluants des énergies fossiles, avec un impact de 150 millions de tonnes de CO2 de rejets dans l’atmosphère.

Source : Statistiques énergétiques du Ministère Fédéral allemand de l'Économie et de la Technologie
Source : Statistiques énergétiques du Ministère Fédéral allemand de l'Économie et de la Technologie

Cependant, quatre ans après la transaction énergétique, les rêves des écologistes ne sont pas encore réalisés. Bien que la part des énergies renouvelables (éolien, solaire et biomasse) augmente dans le pays en 2013 avec 24,1%, la consommation des énergies fossiles est plus de deux fois plus élevée, représentant 56,5% dans le mix énergétique du pays.

Source : Statistiques énergétiques du Ministère Fédéral allemand de l'Économie et de la Technologie
Source : Statistiques énergétiques du Ministère Fédéral allemand de l'Économie et de la Technologie

Ainsi, l’Allemagne reste toujours l’une des plus grands producteurs de charbon, après la Chine, les Etats-Unis et l’Inde. D'après Andreas Rüdinger, chercheur au pôle énergie-climat de l'Institut du Développement, le charbon représente un grand défi de l'Allemagne de demain, «mais c’est aussi celui de l’Europe».

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