«Le rendez-vous de Béziers» : après «Eh oh la gauche !» voici «Oz ta droite !»

La salle principale du palais des congrès a été le théâtre des premières prises de parole de ce «rendez-vous de Béziers»
La salle principale du palais des congrès a été le théâtre des premières prises de parole de ce «rendez-vous de Béziers»

Robert Ménard a donné vendredi le coup d’envoi du premier «rendez-vous de Béziers». Durant trois jours, dans sa ville, il reçoit des personnalités de droite pour un brainstorming géant. RT France couvre l'événement.

«Nous, on est venu de Belgique. Il aurait fallu me mettre un flingue sur la tempe pour que je ne vienne pas.» Hervé a fait le voyage spécialement du Plat Pays. Tirant sur sa cigarette, il se réjouit d’apercevoir quelques-unes de ses personnalités politiques favorites. Il faut dire que Robert Ménard n’a pas lésiné sur les moyens.

En cette après-midi ensoleillée, Béziers est en pleine effervescence. Dès l’ouverture des portes, des dizaines d’individus se pressent dans le palais des congrès de la ville. Durant trois jours, il sera le théâtre d’une manifestation politique inédite. L’édile a convié de nombreuses personnalités de droite à venir s'asseoir autour de tables rondes pour réfléchir et échanger.

L’objectif ? Que tout ce beau monde sortent plusieurs propositions sur des domaines aussi variés que l’économie, la famille, les médias ou la sécurité. «Une espèce de programme de salut public pour la France», comme l’a décrit Robert Ménard. Pour donner de l’élan à son ambition, il a créé un mouvement nommé «Oz ta droite !». Il est censé réunir tous les partisans d’une droite qui s’assume, bien au delà du seul Front national.

Un événement bien préparé

Robert Ménard n’a rien laissé au hasard. Bar, exposition de livres, retransmission en direct des conférences, salle de presse, hôtesses d'accueil, tout a été pensé pour mettre les participants dans les meilleures conditions. A son arrivée, le maire est accueilli comme une rockstar. Quand c’est au tour de Marion Maréchal Le Pen de passer la porte, c’est encore plus fou : cohue chez les journalistes… et dans la foule. Les «oh, mais qu’elle est jolie» et autre «j’aimerais une photo avec vous» fusent dans la salle.

Robert Ménard et Marion Maréchal Le Pen ont été accueillis comme des stars
Robert Ménard et Marion Maréchal Le Pen ont été accueillis comme des stars

A l’intérieur des personnalités aussi différentes que Louis Aliot, le vice-président du Front national, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien démocrate ou Jacques Bompard, président de la Ligue du sud, se côtoient. Et l’appel de Robert Ménard a été entendu au delà des frontières françaises. Alors qu’Oskar Freysinger, membre de l’Union démocratique du centre (UDC) suisse est attendu samedi, le président du Parti Populaire belge, Mischaël Modrikamen, est présent. Il justifie sa venue par le besoin de faire converger les différentes luttes nationales.

Mischael Modrikamen, président du Parti populaire belge à RT France
Louis Aliot, vice-président du FN à RT France

Pendant que le bar distribue cafés, bières et cocktails, les participants échangent avec les hommes politiques présents. Si la moyenne d’âge est assez élevée, quelques jeunes ont fait le déplacement. Parmi eux, des journalistes de Valeurs actuelles et Boulevard Voltaire, tous deux partenaires de l’événement.

Un bar était à disposition des participants désireux de prendre un petit rafraîchissement
Un bar était à disposition des participants désireux de prendre un petit rafraîchissement

Tout près de là, différents stands sont présents dans la salle. «Oz ta droite !» a déjà ses polos en vente. Le reste est raccord avec l’événement. L’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l'Identité Française) est présente. Elle lutte notamment contre le racisme anti-blanc.

Bernard Antony, Président de l'AGRIF à RT France

Samedi : une journée sous tension

Fin de l’après-midi. C’est déjà l’heure de lancer officiellement les festivités. Les centaines de participants se dirigent dans la salle principale du palais des congrès. Robert Ménard, aussi populaire parmi la foule que Mick Jagger à Londres dans les sixties, monte sur scène. Il est rejoint par Emmanuelle Duverger, sa femme et accessoirement directrice de rédaction de Boulevard Voltaire. Yves de Kerdrel, son homologue chez Valeurs actuelles prend place dans le fauteuil d’à côté. A 19h00, le journaliste Denis Tillinac explique à un auditoire conquis, la fierté qu’il faut ressentir à être de droite. Applaudissement à bâtons rompus.

Mais la belle mécanique pourrait s’enrayer. Samedi, la journée sera animée. En plus des tables rondes, une manifestation dénonçant les violences contre la police se déroulera dans la ville. L’occasion pour Robert Ménard de faire rire son audience quand il lance : «Je serai à la manifestation contre les violences policières… pardon contre les violences à l’égard de la police.»

Mais c’est un autre rassemblement qui inquiète l’organisation. SOS Racisme a appelé à battre le pavé contre l’événement du maire de Béziers. «J’ai interdit le cortège de passer à proximité des lieux réservés aux tables rondes. Mais sur ordre, le préfet a menacé de me traîner devant la justice administrative. Si des incidents éclatent demain, on saura qui sont les responsables», peste l’édile.

Ce week-end marquera peut-être un tournant pour la droite. Voir l'émergence d’une nouvelle alliance. L’absence de personnalités issues des Républicains en dit long sur le changement qui est en train de s’opérer. Robert Ménard «ne veut pas d’un Juppé». Il lui reste à convaincre les Français.

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