Viols d’enfants en Centrafrique : «de fermes sanctions seront prononcées»

Les soldats français protègent le poste de contrôle à l'entrée à l'aéroport international de Bangui Source: Reuters
Les soldats français protègent le poste de contrôle à l'entrée à l'aéroport international de Bangui

Après la publication d’un rapport secret de l’ONU sur des viols d’enfants par des soldats français en Centrafrique, les autorités françaises ont été promptes à condamner ces actes, même si elles ont ouvert une enquête sur cette affaire en 2014.

«Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable», a déclaré jeudi matin le président de la République François Hollande en visite à Brest. Selon le président français, il n'y a «aucune volonté de cacher quoi que ce soit», les faits étant en train d’être vérifiés «en toute transparence», même si l’enquête a été ouverte par la justice française il y a presque un an.

«Dès que les premières informations nous sont parvenues au ministre de la Défense et à moi-même, nous avons diligenté une enquête et nous avons saisi la justice», a confirmé François Hollande.

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Le ministère de la Défense a lui aussi affirmé dans la matinée qu’il était en train de «vérifier la réalité» des accusations de l’ONU dans le cadre d’une enquête entamée en juillet 2014, condamnant fermement les agissements présumés de militaires français. «Si ces faits sont avérés, ils vont à l'encontre de nos valeurs. De fermes sanctions seront prononcées», a assuré le conseiller de l'Etat-major des Armées, le colonel Gilles Jaron.

La voix du ministre des Finances Michel Sapin est venue s’ajouter au chœur des responsables français, avouant qu’il serait «choqué si les faits étaient avérés». Il a également appelé à la prudence «au moment où nous sommes en train de faire des efforts considérables du point de vue budgétaire», en faisant notamment allusion à l’augmentation du budget de la Défense décidée par François Hollande.

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Entretemps, le parquet de Bangui s’est dit consterné par les informations selon lesquelles les autorités françaises, en coopération avec l’ONU, ont mené une enquête sur le sol centrafricaine à son insu, «alors que les victimes sont à Bangui».

«Si les fait sont avérés, c'est une affaire extrêmement grave. Ce n'est pas parce qu'on est dans un pays en crise qu'on bafoue le droit», a déclaré un procureur centrafricain, après avoir annoncé que le parquet avait immédiatement ouvert sa propre enquête.

L’attitude dissimulatrice de l’ONU dans cette affaire a pourtant été fermement critiquée par la Fédération internationale des Droits de l'Homme (FIDH). Florent Geel, responsable du bureau Afrique à la FIDH pointe du doigt la responsabilité de l'ONU qui «étouffe fréquemment certains crimes». La FIDH a en outre fermement critiqué la suspension du fonctionnaire Anders Kompass qui a transmis le fameux rapport aux autorités françaises après que les Nations unies ont décidé de ne pas enquêter sur ce cas.

Selon différentes informations, de treize à quatorze militaires français seraient concernés par ces accusations d’abus sexuels sur des enfants âgés de huit à quinze ans en Centrafrique. Certains d’entre eux auraient pu être identifiés, selon une source proche de l’enquête.

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