Hypocrisie et lâcheté : politiques et anonymes se lâchent sur le rejet de la motion de censure

© Charles Platiau Source: Reuters

Après la tentative avortée d’une motion de censure de droite, dans l’après-midi du 12 mai à l’Assemblée générale, la loi travail a été adoptée, alors que des milliers de Français manifestaient contre le projet dans tout le pays.

Il fallait 288 votes, soit la majorité absolue, pour que la motion de censure puisse être appliquée. Or, cette dernière n’en a obtenu que 246, et, la loi El Khomri, proposée par la ministre du Travail du même nom, a de facto été adoptée, soulignant ainsi la fraction au sein de la gauche, et venant rajouter de l’huile sur le feu de la colère des Français qui depuis des mois, et encore aujourd’hui, ont manifesté contre la loi travail.

Une gauche déchirée 

Chez les hommes politiques comme les commentateurs, on s’accorde à penser qu’«il y a une fracture à l’intérieur de la gauche», comme l’a remarqué le rapporteur de la loi travail et député PS, Christophe Sirugue, cité par l’AFP.

 Bien qu'attendu, le rejet de la motion de censure a fait vivement réagir certains hommes politiques qui y voient une preuve de lâcheté et d’hypocrisie de la part des «frondeurs» qui avaient eux-mêmes tenté de déposer une motion de censure.

En savoir plus : Jacques Sapir dit tout «sur les députés "frondeurs", sur leur sectarisme, leur hypocrisie et leur lâcheté»

Les internautes déçus et énervés

Alors que les réactions des politiques se sont en général faites discrètes après l’annonce du rejet de la motion de censure et de celui de l’adoption de la loi travail, celles des internautes ont en revanche submergé la toile.

Certains prennent la nouvelle avec ironie, considérant par exemple que 49.3 donne la mesure du quotient intellectuel du PS, ou que l’UE se félicite de l’adoption du texte de la loi travail.

Le député de Gauche démocrate et républicaine, André Chassaigne, avait par ailleurs souligné lors de son discours devant l’Assemblée que la politique du Premier ministre, Manuel Valls, était dénuée de tout respect du peuple français et visait uniquement à «succomber aux sirènes du MEDEF et de Bruxelles».

Certains internautes se sentent quant à eux choqués, voire même trahis, par le rejet de la motion de censure, dénonçant une honte pour la démocratie française.

Néanmoins, d'autres internautes se distinguent en saluant l’adoption de la loi travail tant décriée en France.

La France continue de se soulever

Alors que l’Assemblée nationale débattait sur la motion de censure, avant de finalement la rejeter, les Français s’étaient mobilisés un peu partout en France pour demander, dans un dernier espoir, le retrait du projet de loi El Khomri.

«Des heurts parfois très violents, dus à une minorité d’activistes, ont (…) été constatés dans la capitale et en province», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, relayé par l’AFP. Dix-huit policiers, gendarmes et militaires ont été blessés, a spécifié le ministre. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, sur un total de 82 interpellations, 75 ont eu lieu en province et sept à Paris.

«Avec cette loi, on nous crache à la figure», s’indignait une manifestante toulousaine, citée par l’AFP, qui s’est par ailleurs dite «écœurée» par la «façon de faire du gouvernement».

Après l’adoption de la loi, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale, assises sur le trottoir pour une «Nuit debout» improvisée.

Deux autres journées de mobilisation sont prévues pour les 17 et 19 mai, ainsi que des grèves dans certains secteurs, notamment chez les dockers et les marins, ou à la SNCF.

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