Des affrontements éclatent lors de la manifestation contre la Loi travail à Paris et en province

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D’importants effectifs de police ont été déployés le 10 mai en fin d’après-midi devant l’Assemblée nationale pour empêcher les partisans du mouvement Nuit Debout d’y pénétrer alors que la capitale française connaît une nouvelle mobilisation.

Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale malgré le mauvais temps et la pluie. Ils scandent des slogans comme «Tous ensemble, on va gagner !», «Anticapitaliste !» et semblent bien décidés à y passer la nuit.

Les protestataires réclament également la démission du Premier ministre Manuel Valls. On peut entendre des «Valls, Valls démission !» dans la foule après que ce dernier a annoncé son intention de recourir au 49.3 pour faire adopter la loi Travail, confisquant le débat parlementaire.

Ce texte qui suscite de vives polémiques sera donc adopté en forçant la main de la députation et en engageant la responsabilité du gouvernement.

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Pour parer à d’éventuels troubles qui pourraient survenir dans la nuit, de nombreux policiers ont été déployés aux alentours du Palais Bourbon.

Manifestations tendues dans d'autres villes en province

A Caen, un groupe d'une quarantaine de personnes a «saccagé» le local de la fédération départementale du PS, a indiqué un policier à l'AFP. «Des cadres d'une exposition sur François Mitterrand, avec des clichés appartenant à [l'ancien ministre] Louis Mexandeau, ont été brisés, des pots de peinture renversés, des armoires vidées, des meubles déplacés, les murs tagués avec des inscriptions comme "salauds", "social-traitre" ou faisant allusion au 49-3», a précisé le policier.

A Nantes, un premier défilé, de quelque 400 personnes - syndicalistes, anarchistes, étudiants mais aussi simples citoyens -, a débuté peu après 19h30 aux cris de «Tout le monde déteste le PS» ou «P comme pourri, S comme salaud, à bas à bas le Parti socialo», a constaté une journaliste de l'AFP.

Après une pause place du Bouffay où se déroule la Nuit debout nantaise depuis plusieurs semaines, une deuxième manifestation, presque deux fois plus nombreuse, est repartie dans les rues de la ville peu après 20h30, avec une banderole de tête clamant : «Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes» et une partie des manifestants cagoulés et visage dissimulé.

A Rennes plus de 300 manifestants ont quitté peu après 21h30, la «Maison du peuple», un local communal au cœur de la ville, occupé depuis le 1er mai par un groupe comprenant une majorité d'étudiants de Rennes 2. Ils ont défilé dans les rues du centre historique en s'accompagnant de bruits de casseroles et de bidons et en scandant : «C'est pas le 49-3 qui fera la loi, la vraie démocratie, elle est ici !». Après un long jeu de chat et de souris avec les forces de l'ordre, sans véritable affrontement, ils ont cessé de manifester vers 23h30, et sont retournés à la «Maison du Peuple».

A Toulouse, la manifestation a fait trois blessés - deux manifestants et un policier - au cours d'échauffourées et s'est terminée par une course effrénée au cœur des ruelles de la ville, a constaté une journaliste de l'AFP. Deux individus ont été interpellés en fin de soirée pour «incendie volontaire» et «jet de projectiles», a déclaré le directeur de cabinet du préfet, Frédéric Rose, déplorant la «dégradation de mobilier urbain».

Des syndicats appellent à grèves et manifestations

Sept syndicats opposés au projet de loi travail, dont la CGT et FO, ont déjà appelé leurs organisations respectives à «construire» deux nouvelles journées de grèves et manifestations les 17 et 19 mai, ont-ils annoncé mardi dans un communiqué.

La CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et Fidl vont également adresser un courrier «au Président de la République pour être reçues rapidement». En outre, elles «n'écartent aucun type d'initiatives pour les semaines à venir, y compris une manifestation nationale» contre le projet qui fait selon elles la part trop belle aux entreprises.

Parmi les points les plus conflictuels du texte figure l'article qui donne la primauté aux accords d'entreprise pour l'organisation du temps de travail et rend possible l'organisation de référendums.

«Alors que les salarié-es, les jeunes, les privé-es emploi, les retraité-es sont mobilisé-es depuis plus de deux mois pour le retrait du projet de loi travail et l'obtention de nouveaux droits, alors que l’opinion publique reste massivement opposée à ce texte, le gouvernement décide de passer en force en utilisant le 49.3. Inacceptable!», indiquent-elles.

Une nouvelle réunion des organisations syndicales se tiendra dès le début de la semaine prochaine pour décider de nouvelles mobilisations.

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