Sadiq Khan élu maire de Londres : le Front national évoque le «grand remplacement»

Sadiq Khan après sa cérémonie d'investiture dans la cathédrale Southwark ce 7 mai Source: Reuters
Sadiq Khan après sa cérémonie d'investiture dans la cathédrale Southwark ce 7 mai

L'élection, le 6 mai, du premier maire musulman de Londres d'origine pakistanaise, Sadiq Khan, est un avertissement pour la France, estime un Front national inquiet d'un «basculement démographique».

Ancien avocat et ministre, Sadiq Khan, âgé de 45 ans, était le candidat du parti travailliste. Il a battu son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, 41 ans, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith, en recueillant 57% des suffrages, selon les résultats publiés dans la nuit du 6 au 7 mai. Fils d'un chauffeur de bus pakistanais, il est devenu le premier maire musulman d'une grande capitale européenne. Ce qui n'est pas sans inquiéter le Front national (FN).

«Si Marine Le Pen n'arrive pas au pouvoir, dans 30 ans Angers et Nantes seront comme Roubaix. Nous aurons alors un Sadiq Khan à la tête du Pays. En pire !», a averti Pascal Gannat, secrétaire départemental du FN dans la Sarthe et membre du bureau politique du parti.

Il s'était ensuite fendu d'un autre tweet dans la même veine : «Soumission de Houellebecq annonçait une vérité qui s'illustre à Londres : lorsque les populations sont remplacées, les dirigeants aussi !».

Le livre de l'écrivain Michel Houellebecq, Soumission, a plusieurs fois été évoqué par le Front national pour illustrer une théorie chère à ses dirigeants, celle de l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus : «Le grand remplacement». Dans Soumission, un «islamiste modéré» devient président de la République française.

Stéphane Ravier : «Le basculement démographique des grandes villes européennes»

Le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, mais aussi Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont à bien des reprises mentionné cette théorie pour justifier une politique migratoire particulièrement restrictive.

Allant dans le même sens, le sénateur-maire de Marseille, Stéphane Ravier, a déclaré que l'élection de Sadiq Khan illustrait en partie le basculement démographique des grandes villes européennes. «Le temps file...»,a-il ajouté.

Le maire de Béziers, Robert Ménard, proche du FN sans en être membre, a qualifié cette élection de «tournant historique qui symbolise le grand remplacement en cours».

La «démocratie est absolument bloquée»

Le son de cloche est totalement différent du côté de Rama Yade, ex-secrétaire d'Etat et candidate à la présidentielle de 2017. Elle a estimé que l'élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres «interpell[ait] la France». La «démocratie [y] est absolument bloquée», a-t-elle pu affirmer, ce dimanche 8 avril, sur Radio J.

Selon elle, l'élection de Sadiq Khan, «c'est la victoire d'un modèle d'ascension sociale puisqu' il [Sadiq Khan] vient de loin, cela nous interpelle fortement». «Cette élection interpelle la France comme celle de Monsieur Obama avait interpellé il y a une dizaine d'années», a ajouté l'ancienne secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy. «Je suis triste et en colère car notre démocratie est absolument bloquée, on a l'impression qu'il n'y a pas de recours», a-t-elle déploré.

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