Calais : interdiction des manifestations pro et anti-migrants prévues ce week end

La maire de Calais Natacha Bouchart, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio Source: Reuters
La maire de Calais Natacha Bouchart, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio

Craignant débordements et violences, le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a préféré interdire tout rassemblement en lien avec la crise migratoire sur les communes de Calais, Coquelles et Fréthun.

«Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, a pris un arrêté portant interdiction de tout rassemblement ayant trait à la situation migratoire à Calais sur les communes de Coquelles, Fréthun et Calais à compter de ce samedi 7 mai 2016 à minuit jusqu’au dimanche 8 mai 2016 à minuit». C’est en ces termes que la préfecture du Nord-Pas-de-Calais a tranché : aucune manifestation, qu’elle soutienne ou non et les réfugiés, ne sera autorisée ce week end.

Le collectif Calais Migrant Solidarity, proche de la mouvance des No borders, avait annoncé une manifestation prévue samedi prochain, devant le centre de rétention administrative de Coquelle. En réponse, les associations « Calais Libre » et « Reprenons Calais », hostiles quant à elles à la présence des nombreux migrants dans la région avaient aussi appelé à un contre-rassemblement à Coquelle.

Dans la région, et depuis plusieurs années, se multiplient les campements de fortune occupés par des milliers de migrants tentant la traversée de la Manche, pour atteindre la Grande-Bretagne. Les manifestations – en faveur des migrants ou non – s’y font de plus en plus fréquentes et dégénèrent souvent.

Au mois de janvier, près de 2 000 personnes sont descendues dans les rues de Calais pour dénoncer les difficiles conditions de vie des migrants. Ce mouvement de protestation avait perturbé la ville et s’était achevé par la dégradation de la statue du général de Gaulle par les No Borders.

Une autre manifestation, qui s’est déroulée à Calais malgré une interdiction de la part du gouvernement, a abouti à l’arrestation du général Piquemal, venu soutenir un rassemblement du mouvement allemand anti-immigration PEGIDA.

Tension entre commerçants et autorités

Les acteurs économiques de Calais, insatisfaits de la réponse des autorités vis-à-vis de la crise migratoire, vont engager une procédure auprès du tribunal administratif pour demander compensation au préjudice financier subi à cause de la présence massive de migrants.

«Nous allons attaquer l’Etat en responsabilité sans faute. Les acteurs économiques paient ici le traité international du Touquet, qui a pour conséquence de voir le parcours des migrants aboutir à Calais, avec les retombées économiques que l’on connaît. Nous allons lui demander de réparer ce préjudice subi par les professionnels», a expliqué l’avocat du collectif des commerçants, artisans et entreprises, maître Abraham Johnson, du barreau de Paris.

Ainsi, pendant un mois, un travail de chiffrage précis des pertes subies en raison de la pression migratoire sera calculé, et ce au cas par cas. Chaque professionnel devra établir son dossier. Le collectif interpellera ensuite l’Etat pour lui demander réparation en même temps qu’il présentera son cas devant le tribunal administratif de Lille. Selon ses estimations, entre 200 et 300 dossiers seront réunis.

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