Dieudonné apporte 5000 photos de «quenelles» au tribunal pour prouver que ce geste n'est pas raciste

© Stephane Mahe Source: Reuters

L'humoriste attaque aujourd'hui la LICRA en diffamation au TGI de Paris après les déclaration de son président Alain Jakubowicz, qui en 2013 avait comparé le geste anti-système de la «quenelle» a la «sodomisation des victimes de la shoah».

La 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris accueille vendredi le procès de l'humoriste controversé Dieudonné qui attaque en diffamation la Ligue Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

En septembre 2013, le président de la ligue avait envoyé une lettre à Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, suite à la diffusion sur Internet de photos de militaires faisant une «quenelle», geste polémique créé par Dieudonné, devant une synagogue.

Alain Jakubowicz avait, dans sa lettre au ministre, affirmé que ce geste signifiait pour lui un «salut nazi inversé signifiant la sodomisation des victimes de la Shoah», chose qu'a toujours formellement démenti l'humoriste.

Aujourd'hui, comme en témoigne notre correspondant présent sur place, Dieudonné est venu au TGI avec avec preuves à l'appui : 5 000 photos de «quenelles» censées prouver que ce geste humoristique n'a rien d'«antisémite» et encore moins de «nazi».

Très remonté, Alain Jakubowicz a déclaré : «Dieudonné était un vieux compagnon de route de la Licra qui a sombré dans la folie antisémite».

Le président de la LICRA s'est également plaint que l'humoriste utilise son peronnage dans ses sketchs : «Je suis devenu un personnage de spectacle de Dieudonné où j'ai le pouvoir de donner des instructions à [Manuel] Valls», a-t-il dit.

En ce qui concerne le fameux geste de la quenelle, Alain Jakubowicz s'est défendu en laissant entendre que l'humoriste faisait de la provocation subtile à travers ce dernier, en brouillant les pistes : 

Sur la «sodomisation de victimes de la Shoah», qu représente selon lui la quenelle, le président de la LICRA persiste et signe : 


Bien que le procureur, qui a qualifié la quenelle de «geste qui a contribué à la propagation de la haine antisémite» et affirmé que Dieudonné devait être condamné au titre d'une procédure estimée «abusive», l'avocat d'Alain Jacubowicz a affirmé qu'il ne souhaitait pas que l'humour soit poursuivi à ce titre, «dans une démarche d'apaisement».


Le dernier temps de parole étant à la défense, Alain Jakubowicz a tenu à dire que Dieudonné «joue sur l'ignorance des gens» et qu'il avait «conduit des milliers d'abrutis dans le mur» avec son geste de la quenelle, en faisant référence à tous ceux qui avaient perdu leur emploi ou avaient été expulsé de leur établissement scolaire pour s'être fait prendre en photo dans cette posture.

L'avocat de Dieudonné de Sanjay Mirabeau a lui, expliqué la démarche de l'humoriste qui souhaite que le président de la LICRA soit condamné pour qu'une personne qui fait une quenelle ne soit plus accusée de racisme.

Le tribunal a mis le jugement en délibéré au 13 mai prochain.

Mercredi 24 février, 3 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende ont été requis par le tribunal correctionnel de Paris contre Dieudonné,  pour «provocation à la haine raciale» et «injure raciale» pour des passages de son avant-dernier spectacle «La Bête immonde».

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