Yonne : par mesure de sécurité, les cours de turc et d'arabe ont été suspendus à Migennes

Source: Reuters

François Boucher, maire Les Républicain (LR) de Migennes, a décidé de suspendre les cours de turc et d'arabe dans les écoles de sa commune. Cette décision prise par le conseil municipal, aurait été motivée par des raisons sécuritaires.

Passée inaperçue, la mesure a provoqué l’étonnement des familles des enfants bénéficiant de ces enseignements dispensés dans le cadre de l'ELCO (enseignement de langues et de de cultures d'origine).

Pour justifier cette décision controversée, le maire affirme qu'il ne fait qu'appliquer une directive de la préfecture qui a exigé des collectivités locales la mise en place de dispositifs de sécurité aux abords des écoles, en cette période d'état d'urgence. Selon le quotidien régional L'Yonne républicaine, le maire a déclaré que «tant que la direction d’académie ne prendra pas les mêmes mesures de sécurité pour ces cours que pour le reste du temps scolaire, [il] suspendra l’accès à l’école». «Je n’interdis pas, j’applique», a-t-il ajouté. «Que dit-on aux élus de la République ? Qu’il existe sur les écoles des petites villes des menaces réelles d’attaques à la kalachnikov ! On nous fait peur. Et là, on devrait autoriser, en dehors de la présence de la directrice, un professeur que personne ne connaît et qui parle à peine le français à évoluer sans aucun contrôle à l’intérieur de l’école !», s'indigne-t-il.

De son côté, l'académie de l'Yonne a désapprouvé la décision de l'élu local. «Il appartient au directeur de l’établissement de veiller à la transmission des consignes de sécurité. C’est aux professeurs d’ELCO de les faire appliquer», a indiqué Eric Javoy, inspecteur de l’Education nationale adjoint à la directrice académique. Un désaccord qui risque de tendre le dialogue entre l'établissement scolaire et l'académie. Faruk Biyik, vice-président de l’Association culturelle et sportive turque du Migennois et ancien conseiller municipal, a quant à lui contesté cette décision.«Il ne faut pas aller bien loin pour comprendre que le lien est fait entre menace terroriste et culture arabe et turque. Je suis dégoûté», a-t-il confié.  

Mis en place par François Hollande au soir des attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts dans la capitale française, l'état d'urgence a été prolongé une première fois le 20 novembre 2015 par le parlement pour une durée de trois mois. Une nouvelle prolongation de même durée a été votée par les députés le 16 février dernier. Ses détracteurs affirment qu'une telle mesure limite les droits fondamentaux des citoyens. 

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