Sarkozy mis en examen pour le financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012

- Avec AFP

 Source: Reuters

Nicolas Sarkozy a été mis en examen le 16 février par un juge d'instruction pour le financement illégal de sa présidentielle en 2012, dans l'enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de sa campagne.

L'ex-chef de l'Etat, qui ambitionne de disputer la primaire de son camp à l'automne pour revenir au pouvoir en 2017, a été entendu toute la journée par le juge financier Serge Tournaire, qui soupçonne que ses comptes de campagne ont été truqués pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses de 22,5 millions d'euros.

A l'issue de cette audition, il a «été mis en examen du chef de financement illégal de campagne électorale pour avoir, en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales», a annoncé le procureur de la République de Paris, François Molins, dans un communiqué.

Une «infraction formelle», s'est employé à relativiser son avocat Thierry Herzog, qui a fait part de sa «satisfaction» tout en annonçant des «contestations». «Aucun fait lié au dossier Bygmalion [n'est] reproché» à Nicolas Sarkozy, a-t-il soutenu.

De fait, l'ancien chef de l'Etat a été placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance, qui sont liés directement à la mise en place du système de fausses factures. Anciens responsables de la campagne, de l'UMP ou de Bygmalion, treize autres personnes sont mises en examen dans cette affaire.

L'ancien chef de l'Etat est, lui, déjà mis en examen pour corruption et trafic d'influence dans un autre dossier, celui des écoutes, dans lequel il est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir, début 2014, auprès d'un haut magistrat, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. Dans cette affaire, les juges d'instruction ont notifié la fin de leurs investigations et le président du parti Les Républicains risque un renvoi devant un tribunal correctionnel.

L'enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings, porte à l'origine sur un vaste système de fausses factures pour cacher l'explosion du plafond légal des dépenses. Ces fausses factures auraient eu pour objet d'imputer à l'UMP, devenue Les Républicains, quelque 18,5 millions d'euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans le compte de campagne. Au final, le Conseil constitutionnel avait quand même rejeté ce compte, pour un dépassement de quelques centaines de milliers d'euros.

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