Un journal appartenant à un nouveau ministre encense François Hollande et le remaniement

Le nouveau ministre, Jean-Michel Baylet, en pleine crise de fou rire. Source: Reuters
Le nouveau ministre, Jean-Michel Baylet, en pleine crise de fou rire.

Jean-Michel Baylet, propriétaire de La Dépêche du Midi, a pu compter sur le «soutien» de son titre au lendemain de sa nomination. De même que le président de la République.

Le traitement médiatique effectué au lendemain du remaniement par La Dépêche du Midi détonait de par son… originalité. Alors que la presse était plutôt unanime dans le scepticisme, le quotidien toulousain saluait un «président jusqu’au bout». Du côté du Parisien, on parlait plutôt d’un «Monsieur Bricolage», pas mieux dans la presse quotidienne régionale avec un Républicain Lorrain qui déplorait qu’il n’y ait «aucune variation de cap».

Même Libération, pourtant marqué à gauche, relevait le calcul politicien du locataire de l’Elysée qu’il soupçonne de vouloir «fracturer un peu plus le camp des écologistes». Mais ce contre-pied prend tout son sens lorsqu'on sait que le nouveau ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales n’est autre que Jean-Michel Baylet, le patron du journal.

Un édito dithyrambique

Au moment de prendre la plume, Jean-Claude Souléry, journaliste de La Dépêche du Midi, s’est montré fort élogieux envers le président et son nouveau ministre. Pour lui, la toute nouvelle équipe ministérielle représente «la gauche du possible», celle qui veut «tourner résolument le dos aux incantations des beaux parleurs».

Il loue le charisme du chef de l’Etat, soulignant qu’après l’avoir écouté au journal télévisé au soir du 11 février, «il serait malvenu de douter un seul instant de son autorité».

Il n’oublie bien évidemment pas de caresser son boss dans le sens du poil. Il affirme ainsi que Jean-Michel Baylet est «l'allié le plus fidèle des socialistes» : «Seul ministre de la région, il entretient des relations amicales tant avec François Hollande qu'avec Manuel Valls». Il rajoute une petite dédicace pour les locaux : «Son expérience d'élu du Tarn-et-Garonne et des collectivités locales lui sera précieuse».

Cette proximité que l’on pourrait qualifier d’incestueuse entre presse et pouvoir n’a pas manqué de faire réagir. Ainsi, France 3 Midi-Pyrénées a rappelé qu’il n’y avait pas «dans l’Histoire récente d’autres exemples de ministre propriétaire de journal».

PresseNews rapporte qu’afin d’éviter tout scandale, Jean-Michel Baylet est prêt à laisser Marie-France Marchand-Baylet prendre la tête du groupe La Dépêche. Vous avez remarqué le nom de famille ? Oui, c’est bien son ex-femme… et désormais femme de... Laurent Fabius ! Pas de quoi mettre fin au contexte de défiance de plus en plus marqué vis à vis des médias et des politiques. Une récente étude du journal La Croix révèle que 64% des Français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants du pouvoir.

Nicolas Sarkozy donne une promotion à Serge Dassault chez Les Républicains

Si, comme l’a rappelé France 3 Régions, l’Histoire récente n’a point vu de ministre propriétaire de journal, elle a, en revanche, vu quelques politiques dans ce cas. Serge Dassault, par exemple. Le milliardaire âgé de 90 ans et cinquième fortune de France vient de bénéficier d’un changement de statut au sein de son parti. D’après le nouvel organigramme communiqué le 12 février et décidé par Nicolas Sarkozy, le sénateur a été nommé «secrétaire national à la participation». Savoureux lorsque l'on sait qu'il est aux prises avec la justice pour une affaire de votes achetés dans sa commune de Corbeil-Essonnes.

Il se trouve, qu’en plus de ses nouvelles responsabilités, il est à la tête du Figaro. Pour information, c’est le quotidien le plus vendu de France.

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