Bernard Cazeneuve face au dilemme du contrôle des frontières extérieures de Schengen

Le ministre de l'Intérieur craint de sérieux ennuis si l'Europe ne parvient pas à maîtriser ses frontières.© Stéphane de Sakutin Source: AFP
Le ministre de l'Intérieur craint de sérieux ennuis si l'Europe ne parvient pas à maîtriser ses frontières.

Le ministre français de l’Intérieur craint un «risque pour Schengen» si l’Union européenne ne parvient pas à contrôler efficacement ses frontières extérieures, en dépit d’un coût très élevé que cela implique pour la France.

Le 4 février, en visite sur l’île grecque de Lesbos, point de passage prisé des 900 000 réfugiés rentrés dans l’UE par la Grèce depuis début 2015, Bernard Cazeneuve a manifesté la «solidarité» de la France à l’égard du gouvernement local, qui peine à mettre en œuvre le contrôle des frontières extérieures.

En effet, la tension entre les différents pays européens est à son comble alors que certains pays, l’Autriche en tête, accusent la Grèce de ne pas mettre correctement en œuvre les procédures de contrôle des frontières et d’enregistrement des migrants, faisant du pays une véritable passoire. Athènes se voit ainsi menacée d’être mise en quarantaine de l’espace de libre-circulation européen, si elle ne parvient pas à améliorer la situation rapidement.

Evoquant la nécessité d’améliorer le processus d’enregistrement des migrants, le ministre français a souligné: «Si nous ne sommes pas capables de mettre en œuvre cet agenda rapidement, il y a un risque pour Schengen. Ne pas le dire, c'est mentir aux Européens». Il a ajouté que la France fournirait «tous les moyens nécessaires en machines, en moyens humains» pour assister la Grèce dans sa lourde tâche.

Le contrôle permanent aux frontières, une mesure qui pourrait coûter très cher à l’Elysée

La veille, l’organisme d’expertise rattaché au gouvernement France Stratégie, a estimé à un ou deux milliards d’euros par an le coût pour l’Etat français d’un contrôle permanent aux frontières de l’espace Schengen. Près d’un demi-milliard de pertes pourrait, selon le think tank, découler des touristes découragés par les procédures renforcées pour obtenir des visas, et cela sans compter d’autres dépenses, comme le déploiement de personnel aux frontières.

A long terme, France Stratégie estime même que le renforcement des contrôles pourrait faire baisser le commerce de 20%, coûtant ainsi quelques dix milliards au pays.

Aller plus loin : Bruxelles planifie de retirer leur souveraineté frontalière aux membres de l’espace Schengen

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