Mauvaise blague au festival d'Angoulême : la fausse remise des prix n'a pas fait rire

Malaise et colère à la 43e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, entachée par un canular du présentateur Richard Gaitet. La fausse joie causée par sa fausse remise des prix a provoqué un tollé parmi auteurs et éditeurs.

«Les faux fauves ont affaibli l'impact du vrai palmarès et blessé cruellement plusieurs auteurs et éditeurs», s'indigne le dessinateur Benoît Peeters sur Twitter. «Ni le festival ni la bande dessinée n'avaient besoin de ça», a-t-il ajouté.

Déjà sous le feu des projecteurs pour l'absence de femmes à son palmarès, le festival d'Angoulême fait encore polémique. 

En cause, la blague de mauvais goût des faux Fauves, improvisée par le maître de cérémonie, Richard Gaitet, lors de la soirée de remise des prix.

«Les éditions Cornélius ont hurlé de joie quand ils ont gagné leur faux Fauve. On était tous heureux, on avait les larmes aux yeux et on s'est fait humilier. Heureusement que mes auteurs n'étaient pas là, je n'avais pas à expliquer cet humour de merde à la française… Le pire, c'est quand le maître de cérémonie a invité les gagnants à monter sur scène pour la photo et a demandé, hors micro, aux perdants de sortir», a expliqué l'éditeur Sam Souibgui, directeur éditorial de Komikku et faux gagnant au Figaro.

Particulièrement en forme, Richard Gaitet avait voulu bousculer les usages. Mal lui en a pris. Prenant les invités par surprise, il a ainsi attribué les Fauves des albums remarquables à un lion, à un tigre, à un puma, à un chat mécano ou encore à une femelle léopard, tous inspirés des cases d’albums piochés dans la sélection officielle.

Le problème : des éditeurs et des auteurs l’ont pris au sérieux dans la salle. L’espace d’une dizaine de minutes, ils ont réellement cru que les albums relevant du bestiaire de Richard Gaitet étaient les heureux gagnants des Fauves 2016.

Quand la supercherie a été révélée et que la véritable cérémonie a débuté, la stupéfaction s’est progressivement transformée en colère, au point que Richard Gaitet a été contraint de s’excuser le 31 janvier dans une lettre adressée au journal Le Monde.

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