Les autorités de Calais s’apprêtent à détruire les camps de migrants

Migrants à Calais© Capture d'écran d'une vidéo de RT
Migrants à Calais

Les responsable de la ville française de Calais se préparent à entamer la destruction des camps de migrants qui essayent de parvenir au Royaume-Uni depuis plus d'une décennie.

On a appris le 25 mars que le préfet de Calais Denis Robin avait adressé un ultimatum aux résidents du bidonville en leur demandant de prendre leurs biens et de partir, au cas contraire, ils pourraient faire les frais d’une évacuation forcée par la  anti-émeutes.

Ces expulsions se préparent alors qu’un nouveau bâtiment d’habitation pour les immigrés a ouvert cette semaine et où sont déjà logées 50 femmes et leurs enfants. Une vingtaine de places sont encore disponibles.

Ces nouvelles installations sont les premières de ce genre depuis que le tristement célèbre centre de Sangatte a été fermé en 2002. Les hommes ne seront pas autorisés à y dormir, mais il pourront utiliser les installations du bâtiment pendant la journée pour se laver et préparer à manger.

Les autorités françaises devraient commencer les expulsions le 31 mars et les immigrés qui vivent encore dans le camp seront déplacés sur un terrain vague près du site Jules Ferry.

Le maire de Calais, Natacha Bouchart, a dit espérer que cette mesure aide les autorités à contrôler les plus de 2 000 immigrés qui tentent actuellement d’entrer au  et parmi lesquels on trouve des hommes, des femmes et des enfants.

Elle a également souligné qu’elle était persuadée que le déplacement de ces migrants permettra limiter l'influence des passeurs qui profitent des conditions de vie désastreuses de ces populations pour trouver et transporter des travailleurs illégalement.

Le site Jules Ferry est un camp de vacances pour enfants réaménagé qui offrira des lits et de la nourriture aux femmes et aux enfants considérés comme trop vulnérables pour dormir dans le bidonville.

Il se trouve à côté d'un autre centre de jour, ouvert mercredi dernier et où 4 000 repas quotidiens seront servis pour les migrants qui sont arrivés à Calais. Ces deux centres sont situés à une demi-heure à pied de la gare maritime.  

Le 25 mars, cependant, les organisations de bienfaisance qui travaillent sur place ont fait savoir qu’à leurs yeux, ces nouvelles installations n’aideraient pas les travailleurs, et que dans une certaines mesures, elles ne feraient qu’exacerber le problème.

Gonzague Van Isacker, employé de l’organisation caritative Solid'R, a souligné qu'il faudrait héberger des femmes pour un minimum de trois mois en moyenne avant qu’elles ne réussissent à gagner la Grande-Bretagne.

Le gouvernement britannique a pour sa part fait savoir que ces installations permanentes augmenteraient le nombre de migrants à la frontière entre la  et le Royaume-Uni.

Le député conservateur Michael Ellis qui siège au Comité des affaires intérieures britannique a confié au Mail Online que la France devait «faire face à l'immigration illégale elle-même et ne pas construire un camp confortable pour aller en Angleterre». Et le député d’ajouter : «La France a choisi des frontières ouvertes et maintenant elle ne parvient pas à en gérer adéquatement les conséquences […] On redoute que ce camp se transforme en un nouveau Sangatte avec tous les problèmes qu’il comportait».

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