Élisabeth Borne claque la porte de la direction de Renaissance
© Compte X @Elisabeth_BorneL’ancienne Première ministre a annoncé ce 6 mai qu'elle se retirait de la direction de Renaissance, affirmant ne pas se «retrouver complètement» dans la ligne portée par Gabriel Attal. Elle reste adhérente et souhaite se consacrer à sa nouvelle structure, «Bâtissons ensemble».
L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a officialisé ce 6 mai au matin son départ des instances dirigeantes du parti présidentiel. Sur France Inter, elle a expliqué en termes mesurés mais fermes son désaccord avec l’orientation actuelle de Renaissance.
“Je ne me retrouve pas dans la ligne du parti Renaissance” : Elisabeth Borne détaille certains de ses désaccords avec Gabriel Attal, qui l’ont poussée à démissionner de la direction du parti.
— France Inter (@franceinter) May 6, 2026
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Après la désignation de Gabriel Attal pour 2027, l’ancienne socialiste entend prendre ses distances avec le parti macroniste.
Des relations devenues conflictuelles
« Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne, qui n’est pas forcément débattue au sein de Renaissance », a-t-elle déclaré. « Donc j’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j’ai créée, “Bâtissons ensemble” ». Elle précise toutefois rester adhérente du parti fondé par Emmanuel Macron, auquel elle dit être attachée.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein de Renaissance. Après avoir renoncé fin 2024 à briguer la tête du parti pour former un « ticket » avec Gabriel Attal, Élisabeth Borne s’était progressivement érigée en porte-parole des critiques internes. Elle reprochait notamment au secrétaire général une mainmise excessive sur la formation et une stratégie jugée trop personnelle en vue de la présidentielle de 2027.
Ses critiques ont aussi visé le président Emmanuel Macron, dans un entretien paru la veille dans Paris Match : « La dissolution ne peut dépendre de l'intuition d’un président après deux coups de téléphone »
« La dissolution ne peut dépendre de l'intuition d’un président après deux coups de téléphone », juge Elisabeth Borne https://t.co/uQc3Witn07 via @ParisMatch@Florian_Tardifpic.twitter.com/WrBZe2t6Pr
— Florent Barraco (@FlorentBarraco1) May 5, 2026
Des observateurs y voient le signe d’une ambiance devenue « délétère » au sein du mouvement. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’était déjà mis en retrait à l’automne 2025, critiquant l’orientation « attalienne » du parti.
Des voix internes dénoncent un parti « bonapartiste » ou réduit à un « fan-club », selon les termes de députés comme Guillaume Gouffier Valente ou Jean-Baptiste Moreau.
Élisabeth Borne, qui publie le 7 avril un ouvrage intitulé Réveillons-nous, défend un « autre chemin » face à ce quelle nomme les « extrêmes ». Elle plaide pour un rassemblement « de la gauche réformiste à la droite modérée » et insiste sur la défense du droit international, de la Constitution et du Conseil constitutionnel.
L’ancienne locataire de Matignon assure ne pas être candidate à l’Élysée en 2027, estimant qu’« aujourd’hui, on a pléthore de candidats ». Elle veut plutôt animer le débat via sa nouvelle structure, présentée comme un espace ouvert au-delà des partis pour faire émerger des propositions concrètes dans les territoires.