Municipales 2026 en France: de nombreux candidats rattrapés par des affaires judiciaires

Municipales 2026 en France: de nombreux candidats rattrapés par des affaires judiciaires© Capture d'écran LCP
Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, à l'Assemblée nationale.
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À l’approche des élections municipales de mars 2026, plusieurs candidats font face à des enquêtes, perquisitions ou procès pour corruption, escroquerie ou emplois fictifs. Ces affaires, souvent liées à des mandats passés, pourraient influencer les campagnes, particulièrement à Paris où Rachida Dati et Sophia Chikirou sont visées.

Les procédures judiciaires visant des candidats aux élections municipales soulignent les défis éthiques dans la vie politique française, menaçant l’éligibilité de figures clefs et alimentant les débats sur la probité des élus.

Paris au cœur des scandales, d’autres villes concernées

À Paris, Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate LR, est au centre de multiples enquêtes. Le 18 décembre, des perquisitions ont visé son domicile, son ministère et la mairie du 7ème arrondissement dans le cadre d’une information judiciaire pour corruption, trafic d’influence et détournement de fonds, liée à son mandat européen (2009-2019). Ces investigations portent sur des rémunérations suspectes avec des intérêts en Azerbaïdjan et au Qatar, ainsi que des liens avec GDF Suez (Engie). Déjà renvoyée en correctionnelle pour l’affaire Carlos Ghosn, Dati fait aussi l’objet d’une enquête sur des bijoux non déclarés à la HATVP. Son procès pour corruption est fixé en septembre 2026. De son côté, Sophia Chikirou, tête de liste LFI, sera jugée en mai 2026 pour escroquerie au préjudice de Le Média en 2018, impliquant une tentative de transfert de 67 000 euros à sa société Mediascop. Elle dénonce un « différend commercial » et accuse la justice de « nuire » à sa campagne. Mise en examen pour escroquerie aggravée dans les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017, Chikirou conteste les faits, évoquant un acharnement judiciaire politique.

Ailleurs en France, plusieurs candidats RN sont rattrapés par l’affaire des assistants parlementaires européens, avec un procès en appel du 13 janvier au 12 février pour détournement de fonds publics. Louis Aliot, maire de Perpignan et candidat à sa réélection, risque trois ans d’inéligibilité après une condamnation en première instance. Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, est dans une situation similaire, condamné initialement et menacé d’inéligibilité. Cette affaire collective pourrait compromettre leurs candidatures si les peines sont confirmées.

D’autres cas émergent : à Fréjus, David Rachline (RN) sera jugé en septembre 2026 pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics, après une garde à vue fin novembre 2025 ; il est aussi soupçonné de prise illégale d’intérêts, avec un jugement le 27 janvier.

À Orange, le maire sortant Yann Bompard et la députée Marie-France Lorho (RN) font face à des réquisitions de cinq ans d’inéligibilité pour un emploi fictif de collaborateur, décision attendue le 26 janvier. Le maire aurait ainsi profité de son ascendant psychologique sur la parlementaire pour être collaborateur parlementaire sans jamais travailler.

À Marseille, Franck Allisio (RN) fait l’objet d’une enquête pour détournement de biens publics lié à des cumuls illégaux. Enfin, à Menton, Sandra Paire (DVD) a été condamnée en appel à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts, mais maintient sa candidature en attendant un pourvoi. Ces procédures, souvent sans exécution provisoire, permettent aux candidats de poursuivre leurs campagnes, mais les verdicts post-élections pourraient redessiner le paysage politique local.

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