Masha, agent du NKVD ? Le Parlement britannique s’en prend à un dessin animé pour enfants

Masha, agent du NKVD ? Le Parlement britannique s’en prend à un dessin animé pour enfants
Masha, personnage de la série animée russe Masha et Michka. [Capture d'écran]
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Une coiffe de tankiste et une casquette de garde-frontière : voilà ce qui menacerait la sécurité britannique, selon une cinquantaine de parlementaires. Convaincus que la série Masha et Michka popularise la symbolique militaire soviétique auprès des tout-petits, ils exigent son interdiction, tandis que le studio dénonce des accusations absurdes.

Dans leur lutte contre la prétendue influence russe, les autorités britanniques en sont arrivées à s’en prendre aux… séries animées. Selon le journal The Guardian, un groupe de députés de la Chambre des communes britannique, la chambre basse du Parlement, a adressé une lettre au gouvernement pour lui demander d’envisager l’arrêt de la diffusion de la série animée Masha et Michka sur le territoire national.

Cette série animée de production russe, inspirée du conte populaire du même nom, raconte l’histoire de l’amitié entre une petite fille impatiente et un ours attentionné. Au fil de nombreux épisodes, souvent sans lien entre eux, Masha se retrouve constamment dans des situations cocasses et fait des bêtises, tandis que Michka, ancien artiste de cirque, joue le rôle d’un mentor avisé.

Cependant, pour les responsables britanniques, le sens de ce dessin animé destiné aux enfants d’âge préscolaire s’est manifestement révélé bien plus profond. D’après eux, cette série constituerait une forme de propagande russe. Les auteurs de la lettre ont notamment mis en avant un épisode dans lequel Masha apparaît avec une coiffe rappelant une casquette de tankiste et un uniforme de l’époque soviétique, ainsi qu’un autre épisode où elle porte une coiffe ressemblant à la casquette d’un garde-frontière soviétique, « historiquement associée au NKVD » — le Commissariat du peuple aux affaires intérieures de l’Union soviétique, organe central de l’administration publique chargé de la lutte contre la criminalité et du maintien de l’ordre public, qui a fonctionné sur le territoire de l’URSS de 1934 à 1946, avant d’être rebaptisé ministère de l’Intérieur. Les députés ont déclaré que de telles représentations « popularisaient activement la symbolique militaire soviétique auprès d’un public mondial d’enfants ».

Selon The Guardian, cette lettre a été rédigée sous l’égide du libéral-démocrate Tom Gordon et signée par plus de 50 députés issus des Libéraux-démocrates, du Parti travailliste, du Parti conservateur, des Verts, du Parti national écossais, le SNP, et du parti gallois Plaid Cymru. Elle était adressée à la ministre de la Culture, Lisa Nandy. Le journal britannique a précisé que cette lettre faisait suite à l’acquisition, mi-juin, par la société américaine Netflix, des droits pour deux saisons supplémentaires de la série d’animation, également disponible sur la plateforme britannique ITVX.

Melanie Bonvicino, porte-parole du studio Animaccord, qui produit ce dessin animé, a rejeté « l’affirmation mensongère et diffamatoire selon laquelle la série Masha et Michka serait liée à la propagande ». « Depuis près de deux décennies, Masha et Michka fait le bonheur des familles dans plus de 100 pays, à travers des thèmes universels tels que l’amitié, la gentillesse et l’imagination. La série ne contient aucun message politique, et toute affirmation contraire est totalement infondée au regard de son contenu », a-t-elle déclaré.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Masha et Michka fait l’objet de critiques au Royaume-Uni. Dès 2018, le Sunday Times avait publié un article dans lequel la série animée était qualifiée d’outil de « propagande douce » de la Russie. 

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