Jean-Guy Talamoni répond à Manuel Valls : «La langue de la Corse, c'est le corse»

- Avec AFP

Drapeau corse© wikipédia
Drapeau corse

Le Premier ministre a réagi ce mercredi soir sur TF1 suite au discours d’investiture de l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée corse, qu’il a prononcé en langue corse. Ce dernier lui répond fermement.

Si tôt après les propos du Premier ministre sur TF1, Jean-Guy Talamoni, le nouveau président indépendantiste de l’Assemblée corse lui a répondu sur Europe 1 : «Manuel Valls s’adresse aux Français mais pour notre part, élus de la Corse, nous nous adressons aux Corses. Il a rappelé que la langue de la République française était le français, ce que nous ne contestons pas, mais la langue de la Corse, c’est le corse et donc nous allons continuer à parler cette langue y compris à l’Assemblée et au sein des institutions corses».

Manuel Valls a averti ce mercredi qu’il y avait «des lignes rouges qui ne peuvent pas être discutées», avant de préciser: «Il n’y a qu’une seule langue dans la République, c’est le français». Le chef du gouvernement a prévenu que «la Corse est dans la France et dans la République et aucun discours, en corse ou en français, ne pourra remettre ce lien en question».

Le 17 décembre dernier, lors de son discours d’investiture, Jean-Guy Talamoni avait déclaré «en votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un morceau d’un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d’être au monde».

Les réactions des politiques

Quelques jours plus tôt, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, avait  appelé à l’apaisement pour ne pas «faire monter» les débats en Corse. «L’Etat a à faire respecter ce qu’est la loi et à travailler avec une collectivité territoriale pour faire en sorte qu’on soit capable de continuer à assurer la sécurité de tous les Corses, à éviter la violence et à assurer le développement économique de la Corse. Le tout dans le cadre de la République».

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a demandé à François Hollande de «siffler la fin de la récréation» en Corse avant de déclarer que les Corses «n’ont pas voté pour être largués de la France».

François Fillon demande la même chose «une réaction claire face aux "insultes" de la majorité nationaliste nouvelle élue». Jean-Pierre Chevènement, lui aussi, s’est dit «choqué» par le discours de Jean-Guy Talamoni.   

Henri Guaino quant à lui se dit prêt, sur France Info, à s'engager pour la République : «Ce sont des élections régionales, pas un référendum sur l'indépendance de la Corse. Les mandats sont des mandats régionaux. Ils n'ont aucune compétence pour décider ce qui doit être la langue officielle de la Corse, si les meurtriers du préfet Erignac sont des prisonniers politiques, ils n'ont pas le droit dans une enceinte républicaine de parler le corse...»

La Corse est le troisième territoire en Europe à voir élu des dirigeants nationalistes. La catalogne en Espagne et l’Ecosse au Royaume-Uni sont, eux aussi, dirigés par des nationalistes. Elu aux élections régionales, Gilles Simeoni a été élu président du Conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse. Quelques heures plus tôt, Jean-Guy Talamoni avait pris la tête de l’Assemblée corse. Plusieurs nationalistes ont crié «Liberta» et ont agité des drapeaux corses. 

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