Pour Bruno Retailleau, parler de «juges rouges» est objectif
Le ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a déclaré, le 3 mars, qu'il est désormais «objectif» de parler des «juges rouges», tout en insistant sur le fait que la grande majorité des magistrats est neutre.
Invité de l'émission L'Événement sur France 2, le 3 avril, le ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a été interrogé sur la condamnation judiciaire et l'inéligibilité immédiate prononcées contre la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.
«Il y a un texte qui régit le statut des magistrats. C'est une ordonnance de 1958, l'article 10 proscrit toute activité politique», a déclaré Retailleau. Il a ajouté que «heureusement», la majorité des magistrats sont neutres en France, à l'exception d'une organisation syndicale.
Le ministre de l'Intérieur a précisé qu'il s'agit du Syndicat de la magistrature, dont il a fustigé la participation à la Fête de l’Humanité, en rappelant l'affaire du "Mur des cons".
«Les juges rouges», c'est «objectif»
En 2013, un journaliste avait publié une vidéo dans laquelle on pouvait voir un panneau intitulé Mur des cons dans les locaux du syndicat. Sur ce panneau figuraient des photographies de personnalités politiques, de magistrats et de journalistes de droite, ainsi que des photos de parents de victimes de crimes. L'affaire avait fait grand bruit, et l'ancienne présidente du syndicat avait été condamnée pour "injure publique".
Interpellé par la journaliste et animatrice de l'émission quant à sa «façon de sous-entendre qu'il y a une justice politique et des juges rouges», le candidat à la présidence des LR a répondu «C'est objectif, le Mur des cons. Pouvez-vous me dire ici si le Mur des cons a eu lieu ou non ? Il y a d'ailleurs eu un jugement, ce sont des faits».