Censure antiterroriste : la France bloque cinq sites internet sans décision judiciaire

L'image du site du ministère de l'Intérieur
L'image du site du ministère de l'Intérieur

La France a bloqué cinq sites Internet suspects de promouvoir le terrorisme et de répandre un discours de haine, appliquant pour la première fois les nouvelles mesures antiterroristes approuvées en novembre dernier.

La loi du 13 novembre 2014 de renforcement des dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme permet de bloquer l’accès à des sites internet sans décision judiciaire, en vertu d'un acte administratif.

«Je ne veux pas que sur Internet, il y ait des sites qui conduisent à prendre les armes», a dit le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve lundi.

«Je fais une distinction entre la liberté d’expression et la propagation des messages qui sont utilisés pour glorifier le terrorisme. Ces messages de haine sont une crime», a-t-il ajouté. Les fournisseurs d’accès à Internet se sont vus accorder 24 heures pour obtempérer.

Parmi les sites bannis se trouve Alhayat Media Center, présumément une branche de  (EI) chargée de sa communication. Le ministère dit cibler des «dizaines» de sites Internet similaires.

Les fournisseurs d’accès ont 24 heures pour «prendre toutes les mesures nécessaires pour bloquer le listage de ces adresses» en conformité avec les nouvelles dispositions antiterroristes adoptées en novembre dernier.

L’annonce du gouvernement marque la première application de la loi du 13 novembre permettant de bloquer des sites Internet sans recourir à une décision de justice. Les visiteurs de ces sites sont maintenant redirigés sur la page du ministère de l’Intérieur qui affiche un message d’alarme sur une grande paume rouge : «Vous avez été redirigé vers ce site officiel, car votre ordinateur allait se connecter à une page qui fait l'apologie d'actes de terrorisme».

La France est toujours en état d'alerte avancée dans le prolongement de l'opération «Sentinelle» qui a mobilisé plus de 10 000 militaires et policiers pour la protection de 682 sites sensibles partout dans le pays, y compris des sites religieux, des gares ferroviaires, des aéroports et des sites touristiques dans le contexte de l'après .

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