Soupçonné de recruter des djihadistes, l’«émir blanc» est condamné… pour un fusil de chasse

Soupçonné de recruter des djihadistes, l’«émir blanc» est condamné… pour un fusil de chasse© Capture d'écran Twitter
Soupçonné d'entretenir des liens avec les filières djihadistes, Oliver Corel est surnommé "l'émir blanc"

Après une perquisition rocambolesque, le mentor présumé de djihadistes a été condamné à six mois de prison avec sursis pour détention illégale d'une arme de chasse. Toujours en liberté, certains y voient une simple manière «de marquer le coup».

Salafiste français âgé de 69 ans, Olivier Corel est notamment le mentor présumé de djihadistes comme Mohamed Merah ou encore Fabien Clain, qui a enregistré le message audio revendiquant les attentats de Paris au nom de Daesh. S’il nie participer à la radicalisation de jeunes et n'a jamais été condamné pour ces faits, celui que l’on surnomme «l’émir blanc» est dans le collimateur des services antiterroristes depuis de nombreuses années, en raison de ses liens douteux avec des partisans du djihad.

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Son domicile a été perquisitionné par 60 gendarmes, à l'aide de deux hélicoptères, mais rien n'a été trouvé permettant de le condamner, si ce n'est la détention d'un fusil de chasse. La procureure de la République de Foix a justifié sa condamnation à six mois de prison avec sursis en indiquant à la presse que «dans la mesure où une infraction de droit commun pouvait être reprochée à Olivier Corel et compte tenu de sa personnalité et du contexte, il fallait une réponse immédiate». L’avocate de l’«émir blanc» a elle expliqué : «On a l'impression qu'il fallait coûte que coûte quelque chose contre Olivier Corel».

Si certains commentaires dénoncent sur les réseaux sociaux une faillite des renseignements ou de la justice, Louis Caprioli, sous-directeur de la Direction de la surveillance du territoire de 1998 à 2004, contacté par RT France, a réfuté l'affirmation.

Il souligne que des investigations ont bien été menées, mais qu'elles n'ont pas permis d'aboutir à une condamnation, faute de preuves. Or, «nous sommes dans un Etat de droit et des informations, si pertinentes soient elles, ne peuvent pas conduire à la condamnation de suspects», explique-t-il. Aussi, la justice n'a pu que «marquer le coup» en condamnant Corel pour possession illégale d'arme. Selon Louis Caprioli, l'impasse réside dans le fait que le suspect ne tient pas de propos publiquement condamnables, mais agit uniquement dans la sphère privée, le mettant ainsi à l'abri de la justice.

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