L'Etat considère que les aménagements de la jungle de Calais sont suffisants

- Avec AFP

Les conditions de vie de la jungle de Calais sont d'une précarité extrême© Philippe Wojazer Source: Reuters
Les conditions de vie de la jungle de Calais sont d'une précarité extrême

L'Etat a fait appel de sa condamnation à réaliser des aménagements sanitaires sur la «Jungle» de Calais, où vivent 4 500 migrants dans des conditions insalubres, a-t-on appris vendredi auprès du Conseil d'Etat qui examinera le recours jeudi prochain.

Le ministre de l'Intérieur a saisi le juge des référés du Conseil d'Etat, estimant qu'il «satisfait à ses obligations légales en matière d'hébergement d'urgence» et qu'il «n'a pas commis de carence dans l'exercice de ses pouvoirs de police», selon une copie de l'appel que l'AFP a pu consulter.

En savoir plus : Habitants de Calais à RT: «La vie se dégrade de jour en jour»

L'audience a été fixée au jeudi 19 novembre à 15 heures.

Le 2 novembre dernier, le tribunal administratif de Lille, après avoir été saisi par Médecins du monde et le Secours catholique-Caritas, avait ordonné à l'Etat de réaliser divers aménagements sanitaires (douches, latrines...) au sein de la «Jungle» de Calais.  La justice avait alors invoqué une «atteinte grave et manifestement illégale» au droit des migrants «à ne pas subir de traitements inhumains et dégradants».

En savoir : Lille : des manifestants pro-réfugiés dénoncent «la Jungle» de Calais

Mais pour le ministre de l'Intérieur, qui parle dans son appel d'une «erreur de droit», la situation des migrants sur place «ne résulte pas d'une carence dans l'exercice d'un pouvoir ou d'une compétence de l’Etat ou de la commune» et «ne pouvait donc justifier» d'ordonner des mesures pour y mettre fin.

Selon le texte de l'appel, l'Etat n'a ni «le pouvoir ni le devoir d'installer des équipements de première nécessité» sur un site occupé illégalement et «toute autre interprétation conduirait à la définition d'une obligation juridique pour l'Etat d'aménager les campements sauvages et les terrains occupés de manière illicite».

Enumérant divers aménagements sur le campement (repas, bennes à ordures, points d'eau notamment), le ministre estime qu'«au regard de l'ensemble des mesures mises en oeuvre» ou en cours «il n'y a pas de carence» de l'Etat. Il conteste par ailleurs «la solidarité ordonnée entre la commune et l'Etat» par le tribunal.

L'avocat des deux ONG, Me Patrice Spinosi, a jugé «assez surprenant, alors même que le juge administratif a ordonné des mesures d'humanité, de voir l'Etat essayer de combattre sa responsabilité et de limiter son intervention dans le camp».

«Nous n'aurions pas pris l'initiative de saisir le Conseil d'Etat, mais à partir du moment où le gouvernement nous force à le faire, nous allons re-présenter l'ensemble de nos demandes», notamment celles portant sur l'asile et l'accès aux soins qui n'avaient pas été retenues, a-t-il affirmé à l'AFP.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales