Gaza : «Quand une armée tire sur des civils désarmés, on appelle ça un massacre»

Gaza : «Quand une armée tire sur des civils désarmés, on appelle ça un massacre»© Mohammed Salem Source: Reuters
Des manifestants palestiniens sous les tirs de gaz lacrymogènes à la frontière entre Gaza et Israël, le 14 mai 2018

Ex-rédacteur en chef du Monde diplomatique, Alain Gresh dénonce la modération avec laquelle, selon lui, les médias occidentaux traitent du conflit israélo-palestinien. Il fustige en outre une situation d'apartheid dans les territoires occupés.

Ancien journaliste emblématique du Monde diplomatique et désormais directeur du site OrientXXI, Alain Gresh regrette la retenue des médias dans les mots utilisés pour décrire la situation dans les territoires palestiniens occupés. «Ce ne sont pas des "heurts" ou des "affrontements", c'est un massacre. Quand une armée tire sur une population qui est désarmée, des civils désarmés, on appelle ça un massacre», a-t-il affirmé sur RT France le 14 mai.

Imaginons une autre armée, d'un pays occidental, tuant une centaine de personnes, des manifestants désarmés

Pour Alain Gresh, le fait que l'ambassadeur d'Israël en France, Aliza Bin Noun, ait fait valoir que les manifestants auraient voulu «tuer des Israéliens» ne change pas la qualification des événements. «La plupart [des Palestiniens] qui ont été tués d'après les correspondants étrangers ont été tués à plusieurs centaines de mètres de la barrière [de séparation entre Gaza et Israël], donc c'est vraiment un massacre», souligne-t-il. «Imaginons une autre armée, d'un pays occidental, tuant une centaine de personnes, des manifestants désarmés, on aurait une levée de boucliers», juge-t-il, ajoutant : «Mais parce que c'est Israël, on laisse passer ou on trouve des justifications à la politique menée par ce gouvernement.» 

C'est exactement la définition que les Nations unies donnent de l'apartheid

Quant au transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, il signe, pour Alain Gresh, la fin des accords d'Oslo, qu'il juge «enterrés» depuis longtemps. «Il y a sur le territoire de la Palestine à peu près six millions de juifs israéliens et six millions de Palestiniens», estime-t-il. Selon lui, en l'absence de partage équitable, colonisation des territoires occupés oblige, et en l'absence d'un Etat multi-ethnique unitaire, le seul régime possible serait celui de l'apartheid.

Et Alain Gresh de conclure : «Deux populations qui vivent sur le même territoire, mais qui ne sont pas soumises au même lois [...] c'est exactement la définition que les Nations unies donnent de l'apartheid.»

Lire aussi : Gaza : Paris appelle à la «retenue», Mélenchon réclame la convocation de l'ambassadeur d'Israël

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