Les députés français à Moscou : la France doit se rapprocher d’Assad pour combattre le terrorisme

Les députés français à Moscou : la France doit se rapprocher d’Assad pour combattre le terrorisme Source: Sputnik
Les députés français

A Moscou, 17 parlementaires français se sont exprimés en faveur d’un rapprochement avec les troupes gouvernementales syriennes pour lutter contre Daesh car «il est impossible de vaincre Daesh sans troupes au sol».

«Je pense de près à l’intérêt de la France. Et l’intérêt de la France est de vivre en sécurité. Aujourd’hui, la menace sur le territoire français quelle que soit la nature du régime, ce n’est pas Assad, c’est Daesh et ce sont les autres organisations terroristes», a déclaré Thierry Mariani en entamant son discours sur la lutte contre le terrorisme lors d’une conférence organisée à Moscou dans les locaux de l’agence Tass.

Il a aussi précisé que la priorité de la France était d’éradiquer tous les groupes terroristes de Syrie ou d’Irak tout en signalant les difficultés à surmonter. «On ne peut pas gagner une guerre uniquement par les bombardements, quelle qu’en soit la qualité», a-t-il fait remarquer en faisant ressortir que la France ne disposait pas de troupes au sol dans la région.

La menace sur le territoire français quelle que soit la nature du régime, ce n’est pas Assad, c’est Daesh et ce sont les autres organisations terroristes

Mais les 17 députés français présents à Moscou reconnaissent que le gouvernement français ne possède que de deux options : «On envoie des troupes ou on appuie celles qui sont déjà là». «Pour le moment il vaut mieux choisir le moins pire, même si le régime d’Assad est loin d’être exemplaire. Je choisis celui qui me menace, c’est Daesh qui me menace. Les dernières attaques en France l’ont montré.Pour être très clair il faut se rapprocher d’Assad et l’aider dans cette guerre contre le terrorisme parce que si Daesh est battu, ce sera aussi une victoire pour la France», a-t-il conclu.

Embargo syrien

En parlant de la Syrie, les députés français ont aussi abordé la question de l’embargo qui frappe le pays, le qualifiant d’«inacceptable» car il influence même l’Europe.

«Je suis vraiment étonné que personne ne se batte pour obtenir la levée de l’embargo sur la Syrie parce que cet embargo touche avant tout le peuple syrien, détruit les entreprises, met les gens au chômage et ils sont obligés soit, d’immigrer soit, de combattre chaque jour contre l’EI», a déclaré Nicolas Dhuicq en précisant que l’embargo touchait notamment les médicament, le matériel médical alors que les médecins ne disposent même pas d’alcool pour opérer les enfants blessés.

Le droit d’être soigné est l’un des droits fondamentaux de l’homme

Source: Reuters
Un enfant blessé à Damas

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Islamistes modérés

Les députés français ont aussi évoqué la myopie et l’hypocrisie du monde car si on regarde de près le conflit syrien, on voit que le départ de Bachar el-Assad n’apportera rien de bon.

Ceux qui parlent maintenant des islamistes modérés, portent et porteront un lourd fardeau devant l’histoire

«La première victime [des islamistes modérés] est le peuple syrien, les musulmans eux-mêmes, mais les chrétiens d’Orient seront eux-aussi littéralement égorgés si le régime d’Assad tombe brutalement. Donc, nous sommes pour soutenir une opposition démocratique à l’intérieur de la Syrie mais même l’Armée syrienne libre contient des chefs sunnites qui égorgent les chrétiens. Ça, c’est une réalité», a déclaré Nicolas Dhuicq.

Sanctions contre la Russie 

Les sanctions antirusses montrent aussi l’hypocrisie du monde, d’après les députés français. 

«Politiquement, elles ne vont servir à rien. La situation en Ukraine est toujours la même. Economiquement, elles sont désastreuses pour les relations entre l’Europe et la Russie. Et elles sont devenues totalement illogiques», s’est exclamé Thierry Mariaini devant les journalistes.

Comment peut-on demander de l’aide à un pays pour lutter contre le terrorisme et en même temps le sanctionner ?

En plus, la délégation des députés a mis en évidence que malgré les sanctions imposées contre la Russie, les pays continuent d’y exporter des biens mais en passant par les pays-tiers.

«Je rappelle qu’une entreprise allemande qui s’appelle Siemens vend des centrales thermiques à la Crimée, mais pas directement, et que General Electric lui vend aussi des turbines à gaz», a ajouté Nicolas Dhuicq.

Interdiction d’aller en Crimée pour les députés français

Le chef de la délégation, Thierry Mariani a raconté une anecdote aux journalistes. Il y a quelques temps, l'Ukraine a émis un mandat d'arrêt contre les députés, ce qui a provoqué la grande joie de l’ambassadeur d’Ukraine en France. Pour le député français, un tel comportement est «très déplacé». «Mais comme je suis un garçon bien élevé et gentil avec les diplomates, je lui ai simplement dit que je n’étais pas rancunier et que je lui enverrai une carte postale lors de mon prochain voyage en Crimée».

Crise des réfugiés : «l’impuissance de l’Europe»

«L’Europe a pris beaucoup de retard dans la lutte contre l’immigration clandestine», a déclaré le 18 décembre le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo lors de sa visite à Moscou dans le cadre d’une rencontre interparlementaire. Il a déploré le manque du financement pour l’agence Frontex [l’agence pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures] et le délai des débats concernant la création de la nouvelle agence des garde-frontières et de garde-côtes qui devrait se décider d’ici juillet 2016. Selon Monsieur Pozzo di Borgo, il faut que «l’Europe aille beaucoup plus vite».

«Il faut prendre des mesures urgentes», a appelé le sénateur de Paris en pointant du doigt «l’impuissance de l’Europe» concernant les questions d’immigration clandestine. Monsieur Pozzo di Borgo a également souligné l’importance de l’opération Sophia [opération de surveillance des eaux au large des côtes libyennes] qui doit se dans les eaux territoriales libyennes : «Il faut au plus vite obtenir une autorisation du gouvernement libyen», a martelé le sénateur de Paris. 

17 députés français se sont rendus à Moscou les 17 et 18 décembre dans le cadre des activités de l'Association Dialogue Franco-Russe, à l'invitation de la Fondation russe pour la Paix. Faute des sanctions infligés à l’égard de plusieurs membres russes en 2014 de la Grande Commission France-Russie qui les empêchent de se déplacer en France, les parlementaires français doivent désormais rencontrer leurs homologues à Moscou afin de poursuivre les échanges entre les deux pays. 

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