Côte d'Ivoire, un miracle économique en demi-teinte

La campagne électorale tournera aussi autour des questions d'économie© Luc Gnago Source: Reuters
La campagne électorale tournera aussi autour des questions d'économie

Les Ivoiriens doivent élire leur chef d'Etat ce 25 octobre. Si 7 candidats sont en lice, le président sortant Alassane Ouattara est donné favori. Il mise ainsi sur son bilan économique de grands travaux et d'exploitations des richesses naturelles.

Lors de sa première élection en 2011, Alassane Ouattara, dit ADO, avait joué la carte de la réconciliation nationale dans un pays déchiré après une crise politique de 10 ans qui avait déchiré le pays et fait près de 3000 morts.

Pour cette nouvelle campagne, le nouvel ADO joue plutôt de son bilan économique et de son profil d'économiste internationalement reconnu au sein du FMI où il était chargé de l'Afrique.

Grands travaux et ressources naturelles

En quatre ans, Alassane Ouattara a profondément transformé le pays. Misant sur les infrastructures, des zones entières ont ainsi été rasées pour faire place à de gigantesques chantiers de construction tels l'autoroute reliant Abidjan et Yamoussoukro et le chantier énorme du troisième pont d'Abidjan.

Grâce à l'apport de bailleurs de fonds internationaux, le pays a connu ainsi des taux de croissance parmi les plus élevés de l'Afrique subsaharienne.

Autre secteur profondément réformé, celui de la filière cacao dont le pays est le premier exportateur mondial avec sa production qui représente 35% des récoltes mondiales. Le gouvernement Ouattara a ainsi permis aux producteurs de toucher 60% du prix sur les marchés internationaux, contre 40% auparavant. 

Le secteur agricole, avec sa production leader en noix de cajou, huile de palme, caoutchouc, café représente à lui-seul 40% des exportations ivoiriennes. L'économie ivoirienne est ainsi principalement basée sur l'agriculture, laquelle contribue à près d'un quart du PIB et emploie plus des deux tiers de la population active du pays. 

Avec toutes ces réformes, le PIB par habitant a ainsi augmenté de plus de 20% en trois ans.

L'envers du décor

Mais si ces chiffres sont favorables, les opposants d'Alassane Ouattara soulignent cependant qu'ils ne se traduisent pas encore forcément dans le quotidien des Ivoiriens. 

Ainsi Pascal Affi N'Guessan, principal adversaire d'Ouattara, estime que la politique axée sur les infrastructures se fait surtout à crédit. La dette ivoirienne a en effet explosé, passant de 34% du PIB en 2013 à 36,4% en 2014, selon les chiffres de la Banque mondiale.

Quant au chômage, selon les chiffres officiels, au moins 25 % des moins de 35 ans, lesquels constituent plus des trois quarts de la population, seraient sans emploi. Mais c'est un chiffre que de nombreux observateurs contestent, l'estimant largement sous-évalué. 

En savoir plus: Bernard Lugan : «L'avenir économique du continent africain est sombre»


 Autre ombre au tableau idyllique de la croissance ivoirienne, la corruption, encore pointée du doigt par les ONG nationales ou internationales. Dans le classement mondial de Transparency International, si le pays avait reculé dans le classement les années précédentes, il est passé en 2014 du 136ème au 115ème rang mondial du classement à l’indice de corruption. Une amélioration qui cependant n'élimine pas le problème.

 

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