En France, l’industrie redémarre mais peine à recruter

En France, l’industrie redémarre mais peine à recruter© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN Source: AFP
Usine textile Bleuforêt à Vagney, France

Depuis un an et demi, l’emploi industriel progresse en France et l’industrie y crée plus d'usines qu’elle n’en ferme. Pourtant le secteur attire peu et peine à trouver des ouvriers qualifiés, malgré huit ans de politiques publiques.

«Pour la première fois depuis 2000, l’industrie française crée plus d’emplois qu’elle n’en perd, et ouvre d’avantage d’usines qu’elle n’en ferme», affirment en chœur Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, et Agnès Pannier-Runacher, sa secrétaire d’Etat, dans l’éditorial qui ouvre le dossier de presse de la 9e semaine de l’industrie.

Cette manifestation, créée en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, consiste en opérations de promotion des métiers du secteur des entreprises manufacturières. Huit ans après sa première édition, elle semble avoir toujours le même objectif : lutter par la pédagogie contre «le manque d’attractivité des métiers industriels en France, en partie lié à un déficit d’information sur ces derniers» comme l’expliquait déjà la communication gouvernementale de l’époque.

En effet, les créations d’entreprises industrielles s’accompagnent de recrutements d’ouvriers qualifiés parfois difficiles à trouver sur le territoire d’implantation de la nouvelle unité de production. C’est ce que souligne la dernière enquête Besoin de main d’œuvre (BMO) de Pôle emploi, réalisée en 2018. Selon les données collectées, sur 203 000 recrutements dans l’industrie, la moitié étaient jugés difficiles.

Bercy va plus loin en affirmant que sur les 250 000 recrutements annuels prévus au cours des prochaines années, 50 000 pourraient ne pas être pourvus, faute de candidats, alors que le taux de chômage se maintient à 8,8% de la population active.

Des salaires moyens 12% plus élevés qui n'attirent pas

Et le «Top 10 en part de recrutement difficiles» réalisé par Pôle emploi en 2018, dans le cadre de son enquête BMO, était largement dominé par des métiers du secteur manufacturier comme les charpentiers, régleurs, chaudronniers, dessinateurs en électricité et en électronique, etc. Contrairement à certains secteurs comme la restauration ou l’aide à domicile, ce n’est pourtant pas un problème de rémunération qui complique les recrutements. Selon Bercy, les emplois dans l’industrie, en plus d’offrir «des perspectives de carrières intéressantes et des durables», offriraient des salaires moyens de 12% plus élevés que dans les autres secteurs.

Aussi, les efforts du gouvernement sont dirigés vers les jeunes de 11 à 25 ans, les enseignants professionnels de l’orientation et responsables d’établissements scolaires ou d’enseignement supérieur, de formations techniques et technologiques auxquels la Semaine de l’industrie s’adresse en priorité. Ils sont soutenus par une campagne de communication intitulée « #Jobsinattendus » pour laquelle ont été mis à contribution deux jeunes youtubeurs qui signent leurs vidéeos «HugoPosay» et «LouanneManShow».

Cependant, pour soutenir le développement de l’industrie en France, le gouvernement s’intéresse aussi à la collaboration des élus locaux, de la fonction publique territoriale et des entreprises. A l’issue du dernier conseil national de l’industrie a été décidée la création de 136 «territoires d’industrie» dans chacun desquels seront signés des contrats entre élus locaux et industriels pour répondre à quatre enjeux : recruter, innover, attirer et simplifier.

1,3 milliard d'euros de financements publics

En plus des moyens humains et techniques, l’Etat et ses opérateurs comme BPIFrance, ou la «Banque des territoires» (une direction de la Caisse des dépôts et consignation) ont prévu d’allouer 1,3 milliards d’euros à ce programme.

Après la «French Tech», l’action du gouvernement en faveur du développement industriel des territoires ne pouvait aller sans un label à consonance internationale. En l’occurence : «French Fab». Abréviation de l’adjectif «fabulous» (fabuleux) ou du mot «fabric» (tissu). Fabuleux tissu industriel français ? 

L’industrie en France employait en 2018 3,1 millions de personnes, réalisait 1 062 milliards de chiffres d’affaires et, l’année précédente elle avait compté pour 12,5% du Produit intérieur brut (PIB). En 2018, année difficile sur le plan économique, la production industrielle croissait de 0,7% et les créations d’entreprises industrielles augmentaient de 14%. En revanche, les emplois de l’industrie ne sont pas toujours durables : sur les quelque 200 000 emplois créés par le secteur en 2018, seuls 2 200 sont des emplois pérennes sur un an, selon les chiffres croisés de l’Insee et de la Dares (direction de la statistique du ministère de l’emploi).

Lire aussi : Davos : c’est quoi au juste la quatrième révolution industrielle ?

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