«Les créanciers ont utilisé la BCE pour tenter de renverser Tsipras, comme Nixon avec Allende»

«Les créanciers ont utilisé la BCE pour tenter de renverser Tsipras, comme Nixon avec Allende» Source: Reuters
Graffiti près de la BCE, à Francfort
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Aris Chatzistefanou, journaliste et réalisateur grec, a déclaré dans une interview à RT que le gouvernement d’Alexis Tsipras a subi d’énormes pressions visant à le déstabiliser depuis l’annonce de la tenue du référendum.

RT : Si le «non» l’emporte, cela veut-il dire que les pressions des partisans du «oui» ont échouées ?

Aris Chatzistefanou : Bien sûr qu’elles ont échoué. Il faut essayer de comprendre que ce qu’ils ont fait ces dernières semaines depuis qu’Alexis Tsipras a annoncé la tenue de ce référendum, ils ont en fait essayé de renverser ce gouvernement en utilisant la BCE et en maintenant la pression sur le gouvernement pour imposer un contrôle des capitaux sur les banques. Cela me rappelle ce que le président américain Richard Nixon a fait en 1973 quand il voulait renverser le gouvernement Allende en donnant l’ordre de «faire crier l’économie». C’est exactement ce que la BCE a fait, en essayant de créer du chaos, d’insuffler de la peur dans la population avec les queues à l’extérieur des banques. Ils ne veulent pas négocier avec Monsieur Tsipras, parce qu’ils ne veulent pas négocier du tout. Ils veulent juste imposer leur volonté, et c’est ce qu’il s’est passé durant les 5 ou 6 dernières années. Ils sont habitués à discuter avec des dirigeants qui acceptent tous les ordres venant de Bruxelles ou Berlin.

RT : Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a promis qu’en cas de victoire du «non», un accord allait être trouvé dans les 24 heures, comment va-t-il faire ?

Aris Chatzistefanou : Cela ne va pas être facile mais le gouvernement grec aura un énorme pouvoir de négociation, ils ont aussi maintenant dans leurs dossiers un rapport préliminaire du Comité sur la vérité de la dette (Debt Truth Committee), qui dit non seulement que cette dette ne peut pas être remboursée, mais qu’elle ne doit pas l’être. Et il y a des anciens membres de l’ONU, de célèbres économistes qui disent exactement la même chose. Donc je pense que Monsieur Varoufakis peut adopter une attitude plus sereine face à l’Eurogroupe, à Bruxelles.

RT : Plusieurs experts estiment que la Grèce se trouve au bord d’une sortie de l’euro. Si cela arrive, de qui sera-t-il la faute ?

Aris Chatzistefanou : Tout d’abord, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une faute. Il y a de nombreux économistes, pas seulement en Grèce, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis qui pensent qu’une sortie de la zone euro est l’unique solution. Au final, la population grecque réalise que la zone euro a juste créé de la dette, alors que dans le même temps ils se rendent compte que, dans une certaine mesure, la démocratie au sein de l’UE est incompatible, ils ont vu les attaques de la BCE.

Même dans le cas d’une campagne d’intimidation de la part de l’UE et des grands médias en Grèce, beaucoup de gens se disent prêts à quitter la zone euro ou tout du moins menacer les européens de la quitter. Ce n’est pas la fin du monde. La population n’y est pas encore tout à fait prête, le «Non» ne veut pas dire quitter la zone euro. 

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