GM&S : les syndicats annoncent le «déminage» du site et la reprise de l'activité

- Avec AFP

GM&S : les syndicats annoncent le «déminage» du site et la reprise de l'activité © PASCAL LACHENAUD Source: AFP
Une banderole accrochée devant le bâtiment du tribunal de commerce de Poitiers, le 23 mai 2017

Les salariés de l'équipementier automobile, qui a vu son redressement judiciaire prolongé jusqu'au 30 juin, vont «déminer» leur usine et reprendront le travail le 29 mai, ont déclaré les syndicats à l'issue d'une assemblée générale.

«Les salariés ont décidé en assemblée générale de suspendre le blocage du site et de le déminer de manière provisoire», a déclaré le 24 mai Vincent Labrousse, délégué CGT de l'usine GM&S Industry basé à La Souterraine dans la Creuse, cité par l'AFP.

«Si rien n'avance et s'il n'y a pas d'offre sérieuse déposée, on remine [sic] le site», a-t-il toutefois menacé, ajoutant qu'en attendant, l'activité reprendrait le 29 mai.

Ce revirement des syndicats fait suite à la prolongation de la période d'observation pour GM&S Industry jusqu'au 30 juin par le tribunal de commerce de Poitiers. Ce sursis permettra d'examiner les offres de reprise de l'équipementier, en redressement judiciaire depuis décembre 2016.

«Le renouvellement de la période d'observation peut être justifié pour une courte durée permettant de favoriser la finalisation et l'examen d'une ou plusieurs offres de reprise», a ainsi estimé le tribunal qui était chargé de statuer sur la liquidation pure et simple du site de GM&S Industry.

Le tribunal a toutefois posé une condition à ce sursis : le «redémarrage de la production aujourd'hui arrêtée, qui seule permettr[ait] de générer les liquidités nécessaires à la marche courante de l'entreprise», selon le verdict. Le Tribunal de Commerce de Poitiers tiendra une nouvelle audience sur ce dossier le 23 juin à 10h30.

Concernant la reprise de l'usine de GM&S, deuxième employeur privé du département avec 283 salariés, se trouve, parmi les candidats, l'homme d'affaires franco-suisse Jean-Jacques Frey, qui a bâti sa fortune dans l'immobilier commercial. Il a déposé tout récemment «une lettre d'intention» en vue de la reprise de l'équipementier, a-t-on appris le 24 mai de source syndicale.

Le groupe stéphanois GMD (Groupe Mécanique Découpage) avait également transmis une lettre d'intention pour GM&S. Ce spécialiste de plasturgie, fonderie, emboutissage avait déjà manifesté un intérêt en 2014, lors du précédent redressement judiciaire du site, mais l'Italien Gianpiero Colla, sur le papier plus prometteur en terme d'emplois, lui avait été préféré. 

Le nom de l'emboutisseur Magnetto, filiale basée à Aulnay-sous-Bois de l'Italien CLN Group, a aussi été évoqué.

Les salariés, soutenus par la CGT et FO, occupent l'usine depuis le 11 mai, affirmant avoir «piégé» le site avec des bonbonnes de gaz.

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