GM&S : manifestation à Poitiers avant une audience décisive sur l'avenir de l'entreprise (IMAGES)

GM&S : manifestation à Poitiers avant une audience décisive sur l'avenir de l'entreprise (IMAGES) Source: AFP
Manifestants devant le Tribunal de commerce de Poitiers

Plus de 400 salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S Industry se sont rassemblées à Poitiers, où le tribunal de commerce doit décider de l'avenir de l'entreprise, deux jours après les promesses de commandes en hausse de PSA et Renault.

400 personnes, principalement des salariés de l'entreprise GM&S Industry et des syndicalistes, se sont rassemblées le 23 mai dans l'après-midi à Poitiers (Vienne) devant le tribunal de commerce. Les juges doivent décider de l'avenir de l'entreprise alors que les groupes PSA et Renault viennent d'annoncer qu'ils augmenteraient leurs commandes.

Environ 250 salariés avaient fait le déplacement depuis le site de La Souterraine. De nombreux représentants de la CGT de la Vienne et de départements proches étaient également présents devant le palais de justice, non loin de l'annexe du tribunal de commerce où les juges examinent les dossiers. 

«Nous on lâche pas l'affaire ! Il faut que le chiffre d'affaires de l'entreprise augmente pour qu'un maximum d'effectif soit repris !», a lancé Vincent Labrousse, délégué CGT. «Pour qu'on ne soit pas simplement une usine de frappe – on n'a rien contre la frappe, c'est le cœur de notre métier – mais on sait qu'il faut qu'il y ait de la diversification, si on veut rester», a-t-il ajouté. 

Egalement présent à la manifestation, l'ex-candidat à la présidentielle pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Philippe Poutou, est revenu devant des journalistes sur les récentes promesses des constructeurs PSA et Renault : «C'est de la com' évidemment ! Ça montre que dès que ça gueule, dès que ça proteste, dès que les salariés ont la force de dire non, ça change le discours des patrons», a-t-il réagi. 

Une situation toujours incertaine malgré les promesses de Renault et PSA

Des salariés occupent depuis le 11 mai le site de GM&S à La Souterraine, deuxième employeur privé de Creuse, avec 283 salariés. Ils affirment avoir «piégé» les bâtiments à l'aide de plusieurs bonbonnes de gaz. Alors que leur entreprise a été placée en redressement judiciaire en décembre, les salariés se battent pour obtenir un sursis en vue d'une reprise.

Le tribunal de commerce devrait intégrer la nouvelle donne survenue ces derniers jours : le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé dimanche que PSA et Renault, principaux clients de GM&S, augmenteraient leurs commandes, respectivement de 10 à 12 millions d'euros et de 5 à 10 millions. Des engagements qui, selon Bercy, devraient permettre d'atteindre un chiffre d'affaires 2017 proche de 25 millions d'euros, mais que les salariés jugent avec prudence, dans l'attente de «concret» et de détails sur les commandes.

Le 16 mai, une manifestation nationale à l'appel de la CGT avait rassemblé à La Souterraine 2 000 à 3 000 personnes. Philippe Poutou et l'ex-candidat à la présidentielle pour la France insoumise Jean-Luc Mélenchon y avaient pris part.

Lire aussi : Liquidation de GM&S : il suffirait à Macron de «passer un coup de fil», lance Mélenchon (VIDEOS)

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.