Corruption : la justice française enquête sur une vente de sous-marins au Brésil

Corruption : la justice française enquête sur une vente de sous-marins au Brésil© MYCHELE DANIAU Source: AFP
Un sous-marin Scorpène au chantier naval de Cherbourg, en 2003

La justice française enquête sur des soupçons de pots-de-vin qui pourraient avoir permis à la France de décrocher fin 2008 une gigantesque commande de sous-marins au Brésil, pour plusieurs milliards d'euros, rapporte Le Parisien.

Le parquet national financier (PNF) a ouvert en octobre une enquête préliminaire pour «corruption d'agents publics étrangers» autour d'un contrat colossal conclu le 23 décembre 2008 par le groupe DCNS (constructeur naval dont l’Etat français est le principal actionnaire), à l'occasion d'une visite de Nicolas Sarkozy, alors président de la République, à son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silava, rapporte Le Parisien dans son édition du 20 mai.

Une source proche du dossier a confirmé à l'AFP qu'une enquête était en cours sur des soupçons de corruption autour d'une commande de sous-marins par le Brésil, sans donner plus de précisions. Contacté par l'AFP, le PNF n'a pour sa part «ni confirmé, ni infirmé» les informations du quotidien.

Le Brésil avait, entre autres contrats, commandé quatre sous-marins Scorpène. La transaction prévoyait aussi d'importants transferts de technologies. Le Scorpène est un sous-marin d'attaque conventionnel, fabriqué par les chantiers navals français DCNS, en coopération avec l'industriel espagnol Navantia.

Le groupe DCNS a fait savoir à l'AFP qu'il n'avait «rien à voir avec l'affaire lava jato [lavage express]», du nom d'une tentaculaire enquête anticorruption en cours au Brésil. «[L'entreprise] respecte partout dans le monde scrupuleusement les règles de droit», a déclaré un porte-parole.

Une source de la présidence française avait à l'époque évalué le contrat sur les sous-marins à 6,7 milliards d'euros dont 4,1 milliards pour la France, le reste allant à des entreprises brésiliennes. Selon Le Parisien, le PNF s'interroge sur le versement éventuel de pots-de-vins, suivis de rétrocommissions, à cette occasion.

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