L'UE ne veut pas mettre la «pression» sur Macron mais relève sa prévision du déficit public français

- Avec AFP

L'UE ne veut pas mettre la «pression» sur Macron mais relève sa prévision du déficit public français© Pascal Ravani Source: AFP
Emmanuel Macron en meeting lors de la campagne présidentielle française

Bruxelles prévoit un déficit public de la France à 3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2017 et à 3,2% en 2018. Le Commissaire européen aux Affaires économiques s'est toutefois défendu de «tout message de pression» à l'adresse d'Emmanuel Macron.

Au cours d'une conférence de presse sur les prévisions macroéconomiques de la Commission européenne, Bruxelles a annoncé avoir très légèrement relevé le 11 mai sa prévision sur le déficit public de la France pour 2017 à 3% du PIB, soit le chiffre limite des règles européennes. Dans ses prévisions de février, la Commission européenne tablait sur 2,9% du PIB. Pour 2018, elle prévoit désormais un déficit public à 3,2% du PIB, contre 3,1%, lors de sa précédente estimation.

Ces chiffres légèrement révisés à la hausse pourraient influencer le nouveau président français, Emmanuel Macron, et l'inciter à respecter les règles européennes. 

De fait, Emmanuel Macron était le seul des candidats à la présidentielle à s'être engagé à rester en 2017 dans «l'épure des 3%». Dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, paru le 17 mars dernier, Emmanuel Macron n'avait pas hésité à déclarer : «Nous ne remettrons pas l'Europe sur les rails si la France ne fait pas son travail [...] La France doit restaurer sa crédibilité en réformant son marché du travail et en faisant preuve de sérieux sur son budget.»

En 2016, la France affichait un déficit public de 3,4%. La dernière fois que le déficit public français a été sous la barre des 3% du PIB, respectant ainsi les règles européennes auxquelles les pays membres de la zone euro ont souscrit, remonte à 2007, c'est-à-dire avant la crise financière de 2008. Il s'établissait à 2,7% du PIB.

La Commission européenne a par ailleurs légèrement relevé le 11 mai sa prévision de croissance dans la zone euro en 2017 et laissé inchangée sa perspective pour 2018, malgré une incertitude encore «élevée», notamment liée au Brexit et à la politique économique américaine. Dans ses prévisions de printemps, l'exécutif européen table désormais sur une croissance de 1,7% en 2017 et 1,8% en 2018, après une croissance de 1,8% en 2016.

Pierre Moscovoci se défend de «tout message de pression» envers Emmanuel Macron

Lors la conférence de presse sur les prévisions macroéconomiques de la Commission européenne, Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques s'est défendu le 11 mai de «tout message de pression» à l'adresse du nouveau président élu Emmanuel Macron concernant les déficits publics français.

«Donnons lui sa chance», a-t-il ajouté. «Nous sommes en mai, tout est jouable, le redressement des comptes et la sortie de procédure de déficit excessif en 2017», a poursuivi Pierre Moscovici. 

«Le passage à 3%, c'est à portée de main. Quand nous présentons les chiffres 2018, ils sont à politique inchangée, cela veut dire qu'avec un effort minime, il peut y avoir un passage durable sous les 3%, c'est jouable», a-t-il ajouté.

Il y deux jours, le Commissaire européen aux Affaires économiques avait pourtant adressé un avertissement au nouveau président français en déclarant : «L'Europe va regarder Emmanuel Macron en lui demandant d’être sérieux sur les finances publiques et de tenir les engagements de la France.» 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait par ailleurs appelé Emmanuel Macron le 8 mai à réduire la dépense publique en France, jugeant que son niveau actuel n'était pas tenable à terme. «Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur PIB à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée», avait déclaré le Luxembourgeois.

Lire aussi : Le peuple français «risque de souffrir», prévient Nicolas Bay, secrétaire général du FN

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales