Barack Obama propose un allègement de la dette grecque, mais pour Berlin, c'est «nein»

Barack Obama propose un allègement de la dette grecque, mais pour Berlin, c'est «nein»
Barack Obama visite les ruines de l'Acropole, le 16 novembre 2016, photo ©Kevin Lamarque/Reuters

Le ministre allemand des Finances n'a pas tardé à recadrer les choses. Répondant indirectement au souhait du président américain de donner un peu d'air à la Grèce, Wolfgang Schäuble a estimé que ce ne serait pas «rendre service» aux Grecs.

Pour l'Allemagne, il n'est pas question de restructurer la dette de la Grèce et encore moins de l'alléger. Et quand bien même ce serait le président des Etats-Unis qui en ferait la demande. «Quiconque propose d'alléger la dette, ne rend pas service à la Grèce», a ainsi déclaré Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, afin de couper court à tout débat.

Lors de sa tournée d'adieux en Europe et de passage à Athènes, où sa visite a été émaillée par de violents affrontements entre la police et des manifestants, Barack Obama, parmi quelques pistes pour un monde meilleur, avait exprimé le souhait de voir les créanciers de la Grèce assouplir leurs positions : «On constate que la Grèce poursuit les réformes engagées. Dès lors, le Fonds monétaire international a considéré qu'un allègement de la dette était crucial», a-t-il ainsi déclaré.

«Pour ma part, je continuerai à plaider dans ce sens auprès des créanciers afin de contribuer à remettre le pays sur les rails d'une croissance économique durable. C'est dans l'intérêt de tous que la Grèce réussisse», a-t-il poursuivi, estimant que l'austérité seule ne pouvait apporter la prospérité.

Sept longues années d'austérité, une population à bout

Mais avant que Barack Obama ne prenne l'avion qui doit l'emmener d'Athènes à Berlin, où la chancelière allemande l'attend, le ministre des Finances allemand a tout de suite opposé une fin de non recevoir, diplomatique mais ferme, aux conseils du dirigeant américain. Du même coup, il a douché les espoirs du gouvernement grec qui voyait en Barack Obama un porte-parole capable d'adoucir la position de l'Union européenne à l'égard de la Grèce. «L'économie grecque – et la population grecque, après sept ans, ne peuvent plus supporter d'avantage d'austérité», a déploré le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Les créanciers de la Grèce, à savoir le Fonds monétaire international, le Mécanisme européen de stabilité qui supervise les prêts des Etats de la zone euro à la Grèce, la Banque centrale européenne et enfin la Commission européenne avaient déjà débloqué au début de l'année 2016 une nouvelle tranche de prêts d'un montant de 86 milliards d'euros, en échange d'un sévère plan d'austérité et d'une réforme douloureuse du système de retraites.

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