Iran : impatiente de reprendre les affaires, l'Allemagne plaide pour la fin des sanctions

Le ministre iranien du Pétrole Bijan Zangeneh (d.) accueille le ministre de l'économie allemande Sigmar Gabriel (g.) à Téhéran. Photo ©Hannibal Hanschke/Reuters
Le ministre iranien du Pétrole Bijan Zangeneh (d.) accueille le ministre de l'économie allemande Sigmar Gabriel (g.) à Téhéran. Photo ©Hannibal Hanschke/Reuters

Depuis la signature de l'accord nucléaire en 2015, les Iraniens sont redevenus fréquentables. Aussi, alors que les entreprises allemandes sont dans les starting blocks, le ministre allemand de l'Economie a plaidé pour une levée rapide des sanctions.

En marge d'un forum économique à Téhéran, le ministre de l'Economie et vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel s'est engagé à plaider pour une accélération de la levée des sanctions américaines à l'encontre de l'Iran. Accompagné de plusieurs dirigeants d'entreprise allemands, Sigmar Gabriel a promis de «rappeler aux Etats-Unis leur engagement de parvenir à un démantèlement effectif des sanctions».

Les industriels fondent de gros espoirs sur l'Iran comme marché à l'export de quelque 80 millions de consommateurs potentiels. Et pour les constructeurs automobiles et les fabricants de machines outils notamment, de reconquérir un marché qu'ils avaient dû délaisser pour se conformer à l'embargo américain. Le ministre allemand a indiqué qu'à l'occasion de sa visite à Téhéran, une dizaine d'accords économiques seraient signés. «J'espère que cela va dégager la voie pour les deux pays», s'est-il félicité.

Après l'embargo, la reconquête

Les économies européennes ont largement pâti de l'embargo imposé par les Etats-Unis à l'encontre de la République islamique, accusée de développer sa propre bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil. Peugeot a ainsi dû quitter le marché iranien, deuxième marché à l'exportation du constructeur, tandis que l'américain General Motors y prenait pied, dès 2013, au détriment de Peugeot et de Renault, paralysés par les sanctions. 

Et les industriels ne sont pas les seuls à avoir été touchés. En 2015, le géant bancaire BNP Paribas devait ainsi s'acquitter d'une amende de près de 9 milliards de dollars auprès de la justice américaine pour avoir effectué des transactions avec l'Iran en utilisant le dollar.

Mais après la signature en juillet 2015 d'un accord historique sur le nucléaire, scellant le rapprochement entre les Etats-Unis et leur ancienne bête noire, le «régime des Mollahs», les exportateurs européens repartent à l'assaut du marché iranien. Coté français, tandis que Peugeot PSA a signé un accord qui permettra à terme de produir 200 000 véhicules par an, Renault connait pour sa part une croissance en flèche de ses immatriculations.

Et avec un contrat signé en septembre dernier prévoyant l'achat de 150 000 barils de pétrole par jour, la major pétrolière française Total est de retour dans le pays qui rassemble les quatrièmes réserves mondiales d'or noir.

Lire aussi : Une ONG américaine tente d'écarter les entreprises françaises en Iran

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