Quand Google débauche des pontes de l’administration française

La firme étend son emprise jusque dans les gouvernements Source: Reuters
La firme étend son emprise jusque dans les gouvernements

L’organisation américaine Campaign for Accountability, qui lutte notamment contre la corruption, a publié les résultats de son Google Transparency Project. On apprend que la firme aime recruter des fonctionnaires de choix pour faire du lobbying.

Google a beau dominer le monde du web, il lui faut parfois convaincre. Afin de s’attirer les faveurs des gouvernements de la planète, quoi de mieux que d’embaucher leurs anciens employés ? Une stratégie bien connue outre-Atlantique.

En Europe, c’est un peu différent, pour des raisons culturelles, sans doute. Mais le Vieux Continent semble rattraper son retard. Ces dix dernières années, Google a recruté pas moins de 65 anciens fonctionnaires au sein de l’UE. Tous les secteurs sont représentés : Parlement européen, parlements nationaux, ministères. La majeure partie d’entre eux n’a désormais qu’un but : porter la bonne parole du géant dans les capitales européennes.

Mais Google fait dans la voie à double sens. Quinze anciens de la maison ont rejoint des postes dans des administrations nationales. Si, sans surprise, les Britanniques sont les plus nombreux à avoir cédé aux sirènes de la firme de Moutain View, on trouve huit Français parmi les heureux élus. La législation hexagonale est pourtant assez contraignante en la matière. Paris n’apprécie guère que ses fonctionnaires flirtent avec le privé. Mais les temps changent.

Voici donc les huit (ex) pontes de l’administration française a avoir rejoint l’empire du net :

Ludovic Peran : Il a fait ses armes en politique au Parti socialiste. Collaborateur de plusieurs députés entre 2013 et 2015, il était notamment en charge de rédiger «des notes sur la politique numérique française» et de «développer un réseau d’activistes numériques». Il est également l’auteur d’un rapport sur «la politique fiscale». Ludovic Peran a intégré l’équipe de Google en janvier 2016. Officiellement il est «Public Policy and Government Affairs Manager». En d’autres termes : lobbyiste.

Olivier Esper : Google a jeté son dévolu sur cet ancien de l’Autorité de régulation des télécommunications. Il y a officié de 1998 à 2002. Le CV d’Olivier Esper est prestigieux. Il est ensuite devenu attaché d’ambassade, poste qu’il a occupé jusqu’en 2014. Pendant quelques années, il a fait office de lobbyiste pour Cisco avant de passer chez Google en 2006.

Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce : Elle est aujourd’hui la directrice de la communication de Google France. Avant d’évoluer dans les hautes sphères de l’entreprise, elle fut recrutée en janvier 2007. A l’époque, elle officiait en tant d’employée… du ministère de l’Industrie.

Georgios Mavros : Il est entré chez Google en 2014 comme lobbyiste. Avant sa reconversion, il conseillait l’eurodéputée Marielle Gallo.

En savoir plus : Julian Assange accuse Google d'être directement engagé dans la campagne d'Hillary Clinton

Elisabeth Bargès : En 2010, elle devient directrice des politiques publiques chez Google. Précédemment - et c’est assez savoureux - elle officiait à Matignon en tant que représentante de la Direction du développement des médias pour la société de l’information…

Benoît Tabaka : Encore un soldat de l’armée des lobbyiste de Google qui occupait auparavant un poste stratégique. Avant d’être débauché par le géant du net en 2012, Benoît Tabaka était secrétaire général du Conseil national du numérique (CNNum).

Clément Wolf : A l’instar d’Olivier Esper, celui qui fut recruté par Google en 2010 a occupé un poste d’attaché d'ambassade, en Chine. Il a également fait un passage par la fondation d’Hubert Védrine. Aujourd’hui, c’est au département communication publique de Google qu’il exerce ses talents.

Francis Donnat : On peut également citer l’actuel secrétaire général de France Télévisions. Il a été à la tête de la direction juridique de Google jusqu’en avril 2016. Avant cela, il fut recruté comme conseiller pour les politiques publiques de Google en 2012 après avoir été maître des requêtes au Conseil d’Etat et Référendaire à la Cour de justice de l’Union européenne.

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