L'Italie s'agace des conseils du patron de la Bundesbank

- Avec AFP

Matteo Renzi© Stefano Rellandini Source: Reuters
Matteo Renzi

Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a clairement manifesté le 1er mai son agacement à l'égard du président de la Bundesbank, Jens Weidmann, qu'il a invité à s'occuper de ses affaires plutôt que des comptes publics italiens.

«Au gouverneur de la banque centrale allemande, je suggérerais de regarder les banques allemandes», a déclaré Matteo Renzi le 1er mai sur le plateau de Rai 1, la première chaîne publique de télévision italienne. «Il a tant de problèmes auxquels penser et moins il pense à l'Italie, mieux c'est pour lui», a ajouté le président du Conseil italien, cité par les agences de presse italiennes avant le début d'une émission pré-enregistrée.

Le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, n'est pas en reste. Il a donné dans l'édition du 1er mai du quotidien La Repubblica une petite leçon d'économie à Jens Weidmann. Ce dernier s'était montré critique cette semaine à Rome en évoquant les comptes publics et l'endettement italiens, même s'il a fait l'éloge des réformes mises en oeuvre par le gouvernement de Matteo Renzi.

«A Weidmann, je réponds ceci : il est clair qu'il y a un rapport entre la dette et la croissance. Et moi, je considère que la croissance est la voie maîtresse pour réduire le déficit. Pour Weidmann, c'est le contraire. Je ne suis pas d'accord avec lui et ma thèse est plus correcte que la sienne, d'autant plus qu'elle est soutenue par l'expérience historique», a souligné l'ancien économiste en chef de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L'Italie est régulièrement montrée du doigt pour le niveau élevé de son endettement global, au deuxième rang en Europe après la Grèce, et pour ses demandes de flexibilité en matière budgétaire.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement italien s'en prend à l'Allemagne et à l'orthodoxie budgétaire qu'elle prône. En janvier, à la veille d'une visite à Berlin où il avait rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, Matteo Renzi avait été tout aussi combatif.

«La première à avoir intérêt à une Italie forte et une Allemagne moins égoïste, c'est Angela Merkel», avait-il alors expliqué.

Une rencontre entre la chancelière et le président du Conseil italien est prévue à Rome, le 5 mai prochain.

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