Nigeria : ils survivent à l’«enfer» de la captivité retrouvent enfin leurs familles
© X / Boss Mustapha Z.Des victimes d’enlèvements, récemment libérées par les forces nigérianes, se sont livré sur leurs expériences traumatisantes et la joie de retrouver leurs familles. Retour sur quelques témoignages de victimes et de leurs proches.
Un reportage de l’agence de presse de RT Ruptly, publié le 7 août, a documenté les retrouvailles familiales des otages nigérians libérés du joug des groupes criminels sévissant dans plusieurs régions du pays. Avec un chiffre record de 308 otages libérés en une seule journée, les forces de sécurité nigérianes ont réussi une prouesse qui a permis à plusieurs familles de se reconstruire après l’enfer vécu durant leur captivité. Les otages libérés ont reçu les soins nécessaires de la part des autorités, retrouvant des gestes simples du quotidien qui leur ont été refusés durant leurs enlèvements. Manger, se soigner, prendre un bain, autant d’actes qui prennent une autre dimension après le traumatisme.
Se voulant rassurant sur l’état des personnes libérées, qui ont été privées de nourriture pendant un long moment, l’émir de Borgu, Muhammad Sani Haliru Dantoro, a déclaré que « beaucoup ont commencé à bien manger. Certains vomissent encore, car ils n’ont pas mangé depuis longtemps. Nous avons donc rassuré leurs familles : ils sont en sécurité », ajoutant que ces patients pourront enfin retrouver leurs proches une fois leur bonne santé certifiée par un avis médical.
« La vie a été un véritable enfer pour mes deux enfants et moi »
Survivante d’un de ces rapts, Amina Audulahi a livré un témoignage sur ses conditions de vie et celles de ses deux enfants en captivité. « Depuis notre enlèvement, la vie a été un véritable enfer pour mes deux enfants et moi », a-t-elle déclaré, ajoutant par la suite : « Je n'aurais jamais cru pouvoir rentrer chez moi, car il n'y a pas d'espoir entre les mains des ravisseurs ». Amina Audulahi est actuellement suivie par des médecins pour assurer son bon rétablissement avant de rentrer chez elle.
La joie d’un « miraculé »
L’histoire de Tahiru Muhammadu, mari d’une des victimes d’enlèvement, qui a lui-même échappé à la captivité et à la mort, est on ne peut plus saisissante : « J'ai moi aussi été capturé le jour où ma femme et mes deux enfants ont été enlevés. Ils m'ont mis un couteau sous la gorge, prêts à me tuer, mais contre toute attente, ils m'ont relâché, après avoir tué six personnes », a-t-il témoigné. Après avoir survécu à l’enlèvement, son premier réflexe fut de chercher sa famille, hélas sans succès car elle avait été enlevée.
Le survivant a ensuite expliqué qu’il a été contraint, comme d’autres personnes dans son cas, de quitter la communauté dans l'État de Niger pour se réfugier dans l’Etat voisin de Kebbi (nord-ouest du Nigeria), alors que d’autres rescapés ont préféré trouver refuge au Bénin, a-t-il fait savoir.
« Je peux aller où je veux avec ma famille, sauf dans mon village »
Pour Zulkarnaini Haruna, époux d'une victime d’enlèvement secourue et père de six enfants eux aussi rescapés, c’est un moment de joie immense que de retrouver les siens, remerciant dans la foulée les autorités pour les avoir libérés, mais cette joie est quelque peu ternie par l’impossibilité de retrouver sa maison, vue la situation sécuritaire. « Je peux maintenant aller où je veux avec ma famille, excepté dans mon village, qui est actuellement inaccessible », a-t-il affirmé.
L’enlèvement contre rançon est monnaie courante au Nigeria, qui mobilise les efforts de l’armée dans la lutte contre cette forme de criminalité depuis mai 2025. Les autorités ont pu secourir 163 personnes qui avaient été enlevées, en février, dans l'État de Kwara, et 145 autres victimes kidnappées dans l'État de Niger. Les otages étaient détenus dans les bois autour du parc national du lac Kainji, repaire notoire des gangs armés dans la région.