Voitures électriques : la Chine double ses exportations vers l’Afrique en 2025
© Andy Wong Source: APPortées par la flambée des prix des carburants et les tensions sur les marchés pétroliers, les importations africaines de véhicules électriques chinois ont plus que doublé en 2025. La Chine s’impose désormais comme l’acteur dominant d’un marché en pleine expansion, avec l’Éthiopie en figure de proue de la transition électrique africaine.
Les véhicules électriques chinois gagnent rapidement du terrain en Afrique. Selon les données du ministère chinois du Commerce, le continent a importé 44 358 véhicules électriques en provenance de Chine en 2025, contre 19 386 en 2024, soit une hausse spectaculaire de 128,8 % en un an.
Cette progression confirme l’essor rapide du marché africain de la mobilité électrique et le renforcement de l’influence industrielle chinoise sur le continent. Les importations, évaluées à plus de 200 millions de dollars, traduisent une demande croissante dans plusieurs pays confrontés à la hausse durable des prix des carburants et à une dépendance persistante aux importations pétrolières.
La flambée des carburants accélère la transition
Le contexte énergétique mondial joue un rôle central dans cette dynamique. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des marchés pétroliers ont entraîné une augmentation importante des coûts du carburant dans de nombreux pays africains.
Dans plusieurs régions, cette hausse pèse directement sur les systèmes de transport et fragilise les économies locales. Gouvernements, entreprises et consommateurs cherchent désormais des alternatives moins coûteuses et moins dépendantes des fluctuations des marchés pétroliers internationaux.
Les constructeurs chinois profitent pleinement de cette évolution. Grâce à des modèles souvent plus accessibles que ceux proposés par les marques occidentales, ils dominent largement le marché africain émergent des véhicules électriques.
L’Éthiopie en laboratoire africain de l’électrique
Parmi les pays africains, l’Éthiopie apparaît comme le cas le plus avancé en matière de transition vers la mobilité électrique. Addis-Abeba a engagé une politique volontariste visant à réduire progressivement les importations de véhicules thermiques afin d’accélérer l’adoption des véhicules électriques.
Le pays représente désormais environ un tiers des importations africaines de véhicules électriques chinois en 2025, devant des marchés majeurs comme l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc ou encore le Nigeria.
Cette stratégie commence déjà à transformer le paysage automobile éthiopien. Le pays compte aujourd’hui plus de 115 000 véhicules électriques en circulation, soit près de 8 % de son parc automobile national, un niveau encore rare à l’échelle du continent.
L’Éthiopie occupe également une place importante dans les échanges commerciaux avec Pékin. Selon les données douanières récentes, elle capte près de 34,6 % des importations chinoises vers son marché, soit environ 7,3 milliards de dollars sur la période 2025-2026.
Le Nigeria reste le premier marché africain
Malgré la progression spectaculaire de l’Éthiopie dans le secteur électrique, le Nigeria demeure le principal importateur africain de produits chinois en 2025, avec environ 11 % des importations africaines en provenance de Chine.
L’Afrique du Sud suit avec près de 10 %, soutenue par une industrie automobile plus structurée. L’Égypte représente environ 9 % du marché, tandis que le Maroc et le Liberia affichent des parts comprises entre 6 % et 8 %.
Cette montée en puissance des véhicules électriques illustre une transformation progressive des habitudes de consommation et des stratégies énergétiques africaines. Face aux incertitudes pétrolières et à la pression sur les coûts du transport, plusieurs pays voient désormais dans la mobilité électrique un enjeu à la fois économique, énergétique et industriel.