Maroc : la CAN génère 100 000 emplois et booste la croissance au-delà de 4,5 %
© Youssef Loulidi Source: APSelon le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, l’organisation de la CAN 2025 a généré des retombées économiques majeures pour le Royaume. Croissance accélérée, créations d’emplois, modernisation des infrastructures : Rabat y voit un accélérateur de développement et une répétition grandeur nature avant le Mondial.
Malgré la déception sportive en finale, le Maroc tire un bilan économique largement positif de la CAN 2025. Invité sur France 24 le 19 janvier, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné l’ampleur des bénéfices enregistrés par le pays hôte, qualifiant la compétition de « l’une des CAN les plus rentables de l’histoire », aussi bien pour la Confédération africaine de football (CAF) que pour le Maroc.
Selon les estimations officielles, chaque dirham investi dans le tournoi aurait généré un effet multiplicateur de 1,82 sur les revenus et les investissements. « Nous avons enregistré une accélération de la croissance, de la consommation et de la création d’emplois », a affirmé le ministre, évoquant près de 100 000 postes générés directement ou indirectement par l’événement. La croissance annuelle du pays aurait ainsi dépassé les 4,5 %, portée notamment par l’activité touristique, commerciale et logistique liée à la compétition.
Un bond en avant pour les infrastructures
Au-delà des chiffres conjoncturels, le gouvernement marocain met en avant un héritage structurel. « En 24 mois, nous avons gagné une dizaine d’années de développement », assure Ryad Mezzour. Stades, routes, aéroports, réseau ferroviaire et transports urbains ont bénéficié d’investissements massifs, avec des retombées directes sur la mobilité, l’emploi et l’accès aux services publics.
Plus de 3 000 entreprises industrielles nationales ont été mobilisées pour les chantiers liés à la CAN. Le secteur du BTP, mais aussi les industries des matériaux, de l’équipement et des services, ont profité de cette dynamique. En parallèle, le commerce intérieur aurait connu une hausse de la consommation estimée entre 25 et 30 %, selon les premières données disponibles.
Pour Rabat, la CAN 2025 dépasse le cadre sportif. Elle s’inscrit dans une stratégie de préparation à la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. « 80 % des investissements sportifs réalisés pour la CAN sont déjà rentabilisés », a indiqué le ministre, soulignant que les infrastructures mises en place serviront directement au rendez-vous mondial.
Capacité d’accueil, logistique, sécurité, organisation des flux de supporters : autant de domaines testés à grande échelle durant le tournoi continental. « Le succès a été reconnu à tous les niveaux », estime Ryad Mezzour, se disant « très confiant » quant à la capacité du pays à être au rendez-vous en 2030.
Un levier politique et social
Interrogé sur les attentes sociales exprimées avant la compétition, notamment par une partie de la jeunesse marocaine, le ministre a rappelé les engagements pris par les autorités pour renforcer les systèmes de santé et d’éducation. Il a insisté sur l’unité nationale et sur la volonté de faire du développement économique un projet collectif, porté par les grands événements internationaux.
En toile de fond, la CAN 2025 apparaît ainsi comme un instrument de projection internationale pour le Royaume. « Le Maroc montre aujourd’hui qu’il est capable d’organiser des compétitions de classe mondiale », a résumé Ryad Mezzour, affirmant que cette réussite dépasse le cadre national et renforce l’image du continent africain sur la scène sportive et économique mondiale.